Coronavirus à Rennes : Pourquoi il ne faut pas craindre une pénurie de lits en réanimation après le transfert de malades d’Ile-de-France

EPIDEMIE Douze patients atteints du coronavirus ont été pris en charge à Pontchaillou ce mercredi

Camille Allain

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Un patient atteint du coronavirus arrive au CHU Pontchaillou, à Rennes, après un transfert en train depuis l'Ile-de-France. Ici le 1er avril 2020.
Un patient atteint du coronavirus arrive au CHU Pontchaillou, à Rennes, après un transfert en train depuis l'Ile-de-France. Ici le 1er avril 2020. — David Vincent / SIPA
  • Douze patients atteints de formes sévères du coronavirus ont été pris en charge au sein du CHU Pontchaillou ce mercredi.
  • Transférés d’hôpitaux parisiens en train, ils ont été accueillis au sein du service réanimation de l’hôpital rennais.
  • La direction de l’établissement assure que ses services sont suffisamment dotés pour faire face à l’épidémie. Cent lits seraient mobilisables.

Les ambulances se suivent et quittent une à une la gare de Rennes. Sans sirène, sans gyrophare, elles circulent dans les rues désertes de Rennes. Comme toute la France, la capitale bretonne est confinée. Mais contrairement à d’autres régions françaises, elle est pour l’heure relativement épargnée par l’épidémie de coronavirus. Ce mercredi, son CHU a donc accepté d’accueillir douze patients atteints de formes sévères de Covid-19 afin de désengorger les hôpitaux parisiens surchargés.

Plongés dans un sommeil profond, les malades ne se rendent même pas compte qu’ils ont quitté la capitale française en train pour rejoindre Rennes. Ils n’ont rien senti non plus quand on les a installés au sein du service réanimation du plus grand centre hospitalier de Bretagne. Mardi, ce service spécifiquement réservé aux patients atteints du Covid-19 comptait 30 lits, dont quatorze étaient déjà occupés. En y ajoutant les douze malades accueillis ce mercredi, on peut estimer que le service affiche quasi complet. Faut-il s’en inquiéter, alors que le pic de l’épidémie n’a pas encore frappé la région ? « On n’a aucun problème pour accepter des malades », assurait mardi le professeur Yves Le Tulzo.

Le chef du service de médecine intensive et de réanimation a évidemment été consulté pour savoir s’il lui était possible d’accueillir des patients lourdement touchés. « La moitié du service était occupée mais c’est une situation dynamique. Nous savons que cinq à six personnes sont en voie de sortie », assure le professeur. « On sait répondre à ce genre de situation. On ne ferait pas venir des malades de Paris en l’absence de lits à Rennes, c’est évident », insiste le professeur Gilles Brassier, président de la commission de médecine du CHU. Cent lits seraient mobilisables au sein de l'hôpital rennais.

« La montée en charge est modérée »

En attendant de connaître un éventuel pic épidémiologique, l’hôpital rennais assure avoir la situation « sous contrôle ». « La montée en charge est modérée pour l’instant », assure le professeur Le Tulzo. Et si le nombre de malades venait à grimper soudainement dans la région ? « Il y a des dispositifs qui vont nous permettre de gagner des lits de réanimation dans l’établissement », promet le chef de service. Des lits réservés à la chirurgie pourraient ainsi être alloués aux soins des malades du Covid-19, notamment grâce au report d’interventions médicales non urgentes. Au total, 22.440 interventions, consultations et hospitalisations de jour non urgentes ont été déprogrammées à Pontchaillou depuis le 16 mars.

Avec un peu plus de 1.100 cas déclarés, la Bretagne est relativement épargnée par le coronavirus​. Si cela continue, la région pourrait d’ailleurs accueillir d’autres malades, à en croire le directeur de l’agence régionale de santé. « Il n’est pas impossible que nous puissions poursuivre des évacuations sanitaires », a déclaré Stéphane Mulliez. « Il y a un fort besoin de solidarité nationale pour venir en appui » des régions les plus touchées. A condition que la Bretagne n’en devienne pas une.