Coronavirus : « Bénédiction », « apaisement »… Ces Français qui vivent mieux le confinement que prévu

VOUS TEMOIGNEZ Si l’enfermement n’est pas facile pour tout le monde, certains lecteurs nous ont raconté pourquoi ils appréciaient le confinement

Manon Aublanc

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C'est sûr qu'avec un balcon, c'est tout de suite mieux.
C'est sûr qu'avec un balcon, c'est tout de suite mieux. — JOEL SAGET/AFP
  • Initialement prévu jusqu’au 31 mars, le confinement a été prolongé de deux semaines, soit jusqu’au 15 avril, et pourrait être une nouvelle fois allongé par la suite.
  • Les Français sont invités à rester chez eux et à se déplacer seulement quand c’est indispensable (munis d’une attestation).
  • Si le confinement est difficile pour beaucoup de Français, pour d’autres, il est plutôt bien reçu.

Il y a ceux qui tournent en rond, ceux qui comptent les jours, ceux qui ne peuvent plus encadrer leur partenaire, ceux qui s’arrachent les cheveux face aux divisions du petit dernier… et puis il y a les autres. Ceux-là qui, contre toute attente, vivent bien ce confinement forcé et iraient même jusqu’à l’apprécier.

Depuis le 17 mars, un seul mot d'ordre valable : rester chez soi. Fin des sorties, des verres en terrasse, des soirées cinéma, des dîners entre amis, du métro matinal… Notre quotidien est désormais chamboulé, et ce, pour encore quelques semaines. Mais une poignée de Français  semblent pourtant y avoir trouvé son bonheur. Ils se sont confiés à 20 Minutes.

« Des vacances de l’esprit »

S’il y a bien un argument qui revient, c’est celui du temps. « Nous vivons dans un espace-temps et habituellement, je m’épuise dans l’espace et je cours après le temps. Là, je l’ai enfin rattrapé », explique Léa qui estime qu’elle dispose désormais d’un « temps de qualité ». Julie, elle, va même encore plus loin : elle vit « sa meilleure vie ». Alors qu’elle n’avait « pas un week-end à elle », elle inspire désormais « à profiter de ces instants et attendre simplement que le temps passe ». « Si ne rien faire, sauve des vies, alors j’adore », explique-t-elle à 20 Minutes. Même chose pour Sandra qui se sent « apaisée » : « On ne court plus, on prend le temps de vivre pleinement. » Certains, comme Marie-Line ou Marouane, ont choisi la méditation pour « mieux se retrouver ». « Je considère cette période comme des vacances de l’esprit », juge Marouane.

Une méditation d’autant plus facile quand le bruit laisse place au silence : « Toute la journée, j’entends des oiseaux et rien d’autre. Ça change des cris, des bruits, du téléphone, des conversations des collègues », concède Murielle. Victorien, pour qui le confinement est « une véritable bénédiction », se réjouit « que le monde soit moins bruyant ». « Vivre dans l’ici, le maintenant, mais aussi le silence révèlent des vertus disparues et j’en ressens tous les bienfaits : un mieux-être général, retour à l’altruisme, la compassion, être à l’écoute du monde qui nous entoure », philosophe, de son côté, Christine.

« Ça peut paraître paradoxal mais je me sens plus connectée au monde »

Pour beaucoup, confinement rime avec solitude. Mais pour d’autres, c’est l’occasion de passer du temps en famille. C’est le cas d’Edith, dont les deux filles quitteront le domicile l’an prochain pour leurs études : « Ces moments intimes de confinement avec elles sont précieux, suspendus et agréables. J’ai du temps à leur consacrer, elles aussi ». Pour Nicolas, papa de jumeaux de trois ans, le confinement est l’occasion de « rattraper les moments perdus en famille ». « Mes enfants hallucinent de voir leurs parents en même temps plus de trois heures dans la même journée », s’amuse Adel, qui pense même, après le confinement, à « tout envoyer valser pour se consacrer uniquement au bien-être » de ses bambins.

Et il n’y a pas que les enfants. Grâce à FaceTime, aux appels groupés sur Zoom et aux apéros WhatsApp (et on en passe), le confinement permet à certains d’avoir plus de temps pour prendre des nouvelles de leurs proches. « Ça peut paraître paradoxal mais je me sens plus connectée au monde », explique Caroline. Quentin, lui, n’a « jamais passé autant de temps au téléphone avec sa famille et ses amis d’enfance ». Pour Maud, c'est l'occasion d'appeler sa grand-mère « tous les deux jours au lieu d’une fois par mois ». Un temps qui permet de faire « davantage attention aux autres », estime Mélanie. «  Je prends le temps de demander des nouvelles de mes proches et de les écouter réellement ».

« L’occasion de changer les mentalités pour apprécier simplement ce que l’on a »

Du temps, on en a. Mais alors comment l’occuper ? Le traditionnel ménage qu’on remet toujours au lendemain, la lecture des livres qui trônent sur l’étagère depuis des années, la pratique d’un instrument qu’on avait laissé dans la cave ou juste l’intégralité de Netflix (on ne juge pas, promis)… Les activités ne manquent pas. A l’image de Marie : «  Je fais de la cuisine, du ménage et du dessin en écoutant des livres audio trop chiants pour que je les lise moi-même. » « L’espace s’est figé et je profite du temps pour faire tout ce que j’ai voulu faire :  du sport tous les jours, lire mon bouquin de philo, apprendre à faire du piano, me coucher tôt le soir. J’ai enfin l’impression d’être capable de tenir toutes mes bonnes résolutions cumulées depuis le 1er janvier 2012 », se félicite Léa.

Et pour ceux qui ont la chance d’avoir un jardin ou qui sont partis se confiner en province (ce n’est pas le cas de l’autrice de ce papier, mais promis on ne juge toujours pas), c’est l’occasion de « préparer le potager et d’entretenir l’extérieur », explique Cyril. Si le confinement peut ressembler à un enfermement forcé pour quelques Français, Coline relativise : « On nous a privés de certaines libertés mais j’ai l’impression d’en avoir récupéré d’autres en même temps. » Victorien, lui, espère même « qu’un jour, on pourra instaurer un confinement annuel d’une dizaine de jours pour prendre le temps de se retrouver, de se vider la tête, et d’avoir du temps pour soi ». Corine, de son côté, espère que le confinement sera « l’occasion de changer les mentalités pour apprécier simplement ce que l’on a ».