Coronavirus : Puis-je être contaminé une deuxième fois par le Covid-19 ? Si oui, existe-t-il un remède ou un vaccin ?

ECLAIRAGE Pas facile de s'y retrouver dans le flux d'informations qui tombent sur le coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse

Julie Bossart

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Un chercheur danois travaille à l'élaboration d'un vaccin contre le Covid-19 (illustration) -  Thibault Savary / AFP)
Un chercheur danois travaille à l'élaboration d'un vaccin contre le Covid-19 (illustration) - Thibault Savary / AFP) — AFP

Une crainte dans la crainte. Alors que selon les chiffres (arrêtés lundi 30 mars 2020) du ministère des Solidarités et de la Santé, en France, 44.500 personnes ont contracté le coronavirus, 3.024 en sont décédées et 7.924 ont pu rentrer chez elles, guéries, de nombreux lecteurs de 20 Minutes se demandent s’il est possible d’attraper une deuxième fois le Covid-19. D’autres cherchent à savoir si un médicament ou un vaccin sont d’ores et déjà au point pour éviter d’êtres contaminés :

« Une fois qu’une personne a été malade et guérie du coronavirus, est-elle immune ? Ou peut-elle l’attraper une deuxième fois ? Les tests permettent-ils de détecter qu’on a été malade, et donc guéri ? » Marie

« Si on est guéri du Covid-19, peut-on être contaminé à nouveau ? » SaSI

« Est-on immunisé quand on a déjà contracté le virus comme pour un vaccin (on a les anticorps) ? » Begu

« La vaccination contre le pneumocoque protège-t-elle contre le coronavirus ? » Sylvie

« J’ai consommé de la Nivaquine [un antipaludique] pendant plus de deux ans (comme beaucoup de personnes ayant séjourné à l’étranger), pensez-vous que je pourrai être un peu immunisé ? » Rivière

Voici les réponses que 20 Minutes a trouvées :

Une lueur d’espoir. Selon des chercheurs italiens spécialisés en maladies infectieuses, « le Covid-19 muterait très peu, avec seulement cinq nouvelles variantes », rapporte Le Point, qui y voit deux conséquences positives : cette faible mutation n’obérerait pas la stabilité du vaccin dans le temps, et elle pourrait prémunir d’une nouvelle contamination, l’organisme ayant les anticorps capables de faire barrière au virus.

Des tests encourageants sur les animaux. « C’est une hypothèse, confirme auprès de 20 Minutes Jean Dubuisson, chercheur du CNRS au Centre d’infection et d’immunité́ de Lille, spécialisé dans le cycle de vie des coronavirus humains et la relation hôte-pathogène. Des tests ont été réalisés sur des animaux qui avaient déjà été infectés et auxquels on a réinjecté le virus. Ils en résultent qu’ils n’avaient pas développé les symptômes. » Il ne faut pas pour autant crier victoire, insiste Jean Dubuisson. Tout d’abord parce que « l’on n’a pas suffisamment de recul pour connaître la durée de cette immunoprotection ». Ensuite parce qu’il faudra « réaliser des tests sérologiques [des prélèvements sanguins] sur les humains pour vérifier la présence ou non d’anticorps au coronavirus. »

Certes, « des tests sont en cours de mise au point », poursuit le chercheur. Mais la partie ne sera pas tout de suite gagnée : « Le grand défi sera de les développer à grande échelle, c’est-à-dire de pouvoir les produire en quantité industrielle, puis de les réaliser sur une grande partie de la population. »

Aucun médicament n’existe actuellement. Dans cette attente, face au « monstre tueur » qu’est le Covid-19, « aucun médicament au monde n’a fait la preuve de son efficacité » a rappelé lundi le Pr Jérôme Salomon, Directeur général de la Santé. Ce que confirme l'OMS : « Certains remèdes occidentaux, traditionnels ou domestiques peuvent apporter du confort et soulager les symptômes du coronavirus, mais rien ne prouve que les médicaments actuels permettent de prévenir ou de guérir la maladie. »

Ainsi, les vaccins contre la pneumonie, tels que le vaccin antipneumococcique et l’anti-Haemophilus influenza type B (Hib), ne confèrent pas de protection contre le nouveau coronavirus, précise l’agence des Nations unies. Par ailleurs, le Covid-19 est un virus, par conséquent, les antibiotiques (qui sont prescrits pour lutter contre les bactéries) ne doivent pas être utilisés comme moyen de prévention ou de traitement – cependant, si vous êtes hospitalisé pour une infection par le Covid-19, vous pouvez recevoir des antibiotiques, car une coinfection bactérienne est possible. De manière plus générale, le Pr Salomon tout comme l’OMS recommandent de ne pas pratiquer l’automédicamentation, qui peut faire pire que mieux.

Un vaccin venant disponible l’an prochain ? Des chercheurs du monde entier travaillent à l’élaboration d’un vaccin contre le Covid-19. Lundi, la compagnie pharmaceutique Johnson & Johnson a annoncé avoir sélectionné un vaccin-candidat, qui doit être testé sur des humains d’ici à septembre et pourrait être prêt à une utilisation d’urgence d’ici au début de l’année prochaine. En France, « des essais cliniques avec le BCG [le vaccin contre la tuberculose] pour voir s’il peut lutter contre les formes les plus sévères du Covid-19 sont en cours », relève Jean Dubuisson. Si cette hypothèse se vérifiait, « elle pourrait expliquer pourquoi les plus jeunes, qui ont été vaccinés plus récemment, sont statistiquement moins touchés par le Covid-19 et ses formes les plus dangereuses », relaie le Huffington Post.

Dans tous les cas, rappelle le ministère de l'Intérieur sur son site, « le caractère obligatoire ou non d’un éventuel vaccin sera décidé en fonction des résultats des études cliniques ainsi que des données épidémiologiques ».

Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Merci par avance (et prenez soin de vous) !