Coronavirus : Je fais des apnées du sommeil, suis-je un patient à risques ?

ECLAIRAGE Pas facile de s'y retrouver dans le flux d'informations qui tombent sur le coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse

Julie Bossart

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Dark Vador version Frederic Troisieme, maître verrier à l'ancienne.
Dark Vador version Frederic Troisieme, maître verrier à l'ancienne. — SICCOLI PATRICK/SIPA

Le stress lié à l’épidémie de coronavirus, la fatigue ressentie après des heures de télétravail, la charge mentale décuplée en raison des marmailles à gérer à la maison, l’heure de dodo en moins due au passage à l'heure d'été dans la nuit de samedi à dimanche… Difficile de profiter de nuits paisibles en ce moment. Encore plus pour ceux dont le confort de sommeil (la santé tout court) ne tient qu’à un appareillage respiratoire à domicile (ce fameux respirateur qui donne l’impression au voisin de chambrée de passer la nuit en compagnie de Dark Vador). En cette période incertaine, des lecteurs de 20 Minutes s’interrogent :

« Je fais de l’apnée du sommeil, suis-je un sujet à risques ? », Thillier

« Les personnes qui sont confinées et présentent des symptômes du Covid-19 peuvent-elles être soulagées avec les appareils anti-apnée nocturne ? », Mya

« J’ai 73 ans et je suis appareillé pour mon apnée du sommeil. Dois-je nettoyer davantage mon masque et comment ? », Laurent

20 Minutes a trouvé les réponses suivantes :

La Société française de recherche et de médecine du sommeil (SFRMS) a réalisé avec, notamment, le groupe sommeil de la Société de pneumologie de langue française (SPLF), un communiqué disponible sur son site et sur les réseaux sociaux. Le but : « Apporter des éléments de réponse à certaines questions que les patients ou soignants se posent au sujet du syndrome d’apnées du sommeil (SAS) et de son traitement par pression positive continue (PPC) dans le cadre de l’épidémie » de Covid-19.

On y apprend que, à l’heure actuelle, « il n’y a pas d’argument pour une augmentation du risque lié directement au SAS. En revanche, le SAS est souvent associé à des conditions identifiées comme facteurs de risque ou de gravité de l’infection à Covid-19 [obésité, diabète, hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires]. »

Les débits d’air peuvent diffuser le virus. Il n’y a pas non plus de donnée sur l’impact clinique du traitement par PPC chez les patients avec SAS infectés par le coronavirus. En revanche, insistent les spécialistes, « la fuite intentionnelle au masque et les forts débits d’air délivrés par la machine pourraient contribuer à diffuser le virus dans l’environnement du patient, et exposer son entourage proche. » Il convient donc de dormir dans une pièce séparée, non accessible aux autres.

Se rapprocher du médecin prescripteur. Ainsi, en cas d’infection ou de suspicion d’infection chez une personne appareillée à domicile, il est impératif d’informer le médecin prescripteur et le prestataire de soins à domicile (par téléphone ou courrier électronique). Un arrêt temporaire du traitement pourrait en effet être discuté pendant la période de contagiosité. Il est aussi vivement déconseillé d’utiliser son appareil à proximité de son entourage familial.

Dans tous les cas, il convient de nettoyer scrupuleusement sa machine (réservoir d’eau, masque, tuyau..), selon les recommandations de son fabricant. Et, au moindre doute, se rapprocher du médecin prescripteur.

    Enfin, pour ce qui est de la question de Mya (les personnes présentant des symptômes du coronavirus peuvent-elles être soulagées par l’utilisation d’un appareil PPC ?), nous l’avons posée au Pr Frédéric Gagnadoux, président de la SFRMS qui exerce au CHU d’Angers. « A l’heure actuelle, nous n’en savons rien, c’est pour cela que nous n’avons pas communiqué sur cet aspect, tranche-t-il. Il va falloir attendre pour répondre à cette question. D’autant plus que le traitement est très variable d’un patient à l’autre. Mais si l’utilisateur se sent moins bien en arrêtant d’utiliser PPC, il faut qu’il la reprenne. Tout en veillant à ne pas contaminer la personne qui dort à ses côtés. »

    Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Merci par avance (et prenez soin de vous) !