Coronavirus en Bretagne : « On ne sait pas » quand l’épidémie va frapper, reconnaît un expert

EPIDEMIE La Bretagne a été relativement épargnée par le Covid-19 mais s’attend à voir le nombre de cas augmenter

Camille Allain

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Le CHU de Rennes est en première ligne pour accueillir les malades du coronavirus de Bretagne.
Le CHU de Rennes est en première ligne pour accueillir les malades du coronavirus de Bretagne. — C. Allain / 20 Minutes
  • L’épidémie de coronavirus sévit particulièrement dans l’Est et en région parisienne et semble se déplacer vers l’Ouest.
  • Un expert reconnaît « qu’on ne sait pas » quand la « vague » frappera la Bretagne ni si elle sera puissante.
  • Les mesures de confinement pourraient limiter l’impact du virus dans la région, relativement égarée pour l’instant.

Elle a très tôt vu émerger une « zone de circulation active » du virus dans le Morbihan, alors que seul le département de l’Oise voyait le Covid-19 circuler en France. Mais depuis, la Bretagne, comme ses voisines de Normandie et des Pays-de-la-Loire, a été relativement épargnée par l’épidémie de coronavirus. D’après les données de l’Agence régionale de santé, environ 800 cas déclarés avaient été enregistrés jeudi soir dans la région. « Mais nous savons que c’est beaucoup plus. Ces chiffres correspondent aux limites de capacités des laboratoires pour diagnostiquer le Covid-19. Cette mesure ne donne pas la réalité de l’épidémie », assure le docteur Bertrand Gagnière.

Cet épidémiologiste de Santé Publique France suit avec attention l’évolution du coronavirus dans la région, guettant l’arrivée éventuelle d’un pic. « On ne sait pas quand et dans quelle proportion on sera frappés », reconnaît le médecin.

« On ne constate pas d’explosion »

Pour tenter de prévenir une éventuelle « vague », ses services s’appuient sur plusieurs indicateurs, comme le nombre de personnes placées en réanimation, le nombre de passages aux urgences ou encore la proportion d’appels à SOS Médecins liés au Covid-19. « Tous les indicateurs augmentent doucement mais on ne constate pas d’explosion », assure le médecin. Dans les rangs du personnel médical, on sent également une légère augmentation du nombre de malades. « Ça monte en puissance », glisse un soignant du CHU de Rennes.

Le virus qui semble se déplacer d’Est en Ouest frappe actuellement la région parisienne. Le directeur de l’ARS d’Ile-de-France a par ailleurs reconnu que les chiffres étaient « vertigineux » autour de la capitale française. « La situation est hors de contrôle », a témoigné le professeur Djillali Annane, à la tête du service de réanimation de l’hôpital Raymond Poincaré, à Garches, dans les Hauts-de-Seine. Eloignée du foyer de l’Est de la France, la Bretagne subira-t-elle le même sort ? Impossible à dire. « Il y a trop d’inconnues pour se prononcer. Mais si on veut être optimiste, on peut avoir l’espoir que les mesures de confinement nous permettent d’avoir une courbe la plus aplatie possible », témoigne le docteur Bertrand Gagnière. Il faudra encore une semaine pour voir si ce confinement fonctionne bien. L’épidémiologiste rappelle au passage que la région « est déjà frappée » et que l’épidémie s’est installée. « Nous avons déjà des malades, des personnes qui sont mortes du coronavirus ».

Une autre donnée pourrait aider l’Ouest de la France à subir une « vague » moins forte : la météo. Avec l’arrivée du printemps et la hausse des températures, le Covid-19 est susceptible de se transmettre moins facilement, à condition qu’il réagisse comme la plupart des virus hivernaux. Mais à l’heure actuelle, les scientifiques ne peuvent l’affirmer. En Bretagne, la consigne est la même que partout ailleurs : rester chez soi et adopter les gestes barrières.