Coronavirus : « Je ne peux pas rentrer à moins de vendre un rein », des centaines d’étudiants français bloqués à l’étranger

ETUDES Entre des vols hors de prix et la confusion dans les aéroports liés à la crise du coronavirus, de jeunes Français qui étudient à l’étranger se retrouvent dans l’incapacité de rentrer chez eux

Mathilde Ceilles

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Un étudiant prenant des notes de cours. Illustration.
Un étudiant prenant des notes de cours. Illustration. — CHANDAN KHANNA / AFP
  • En raison de l’épidémie de coronavirus, de jeunes Français qui étudiaient temporairement à l’étranger se retrouvent en difficulté pour regagner l’Hexagone.
  • Des universités et des collectivités locales débloquent des fonds pour les aider, comme en région Paca.

« Je suis bloquée en Nouvelle -Zélande. Le gouvernement maintient des lignes aériennes, mais à 16.000 dollars le retour, je ne peux me le payer à moins de vendre un rein. Et le gouvernement ne semble pas bouger pour nous rapatrier… » Ils sont des centaines d’étudiants français comme Adèle à se retrouver coincés à l’étranger, alors qu’ils étaient partis étudier en dehors de l’Hexagone pour quelques mois dans le cadre de leurs cursus. Une conséquence inattendue et pourtant problématique de la crise sanitaire du coronavirus qui touche désormais une majorité des pays du globe.

« Je suis bloqué à Saint-Barth, explique ainsi Nicolas. Mon vol était prévu le 14 avril, mais le ministre de la santé a pris un décret qui interdit tous les vols entre la métropole et les territoires outre-mer jusqu’au 15 avril. Depuis le début de la semaine, j’essaie en vain d’obtenir de la compagnie Air Caraïbes une réservation sur un vol entre le 15 avril et le 30 avril. Et on me dit que ce n’est pas possible. J’ai contacté les services du préfet à Saint-Martin qui, bien qu’il dit organiser un recensement des cas comme le mien, n’a à date pas trouvé de solution. »

Des vols devenus trop chers

Pour faire face à ce phénomène exceptionnel, les universités et les collectivités territoriales tentent de s’organiser. « A l’université d’Aix-Marseille, nous estimons que 150 étudiants à l’étranger se trouvent en difficulté pour rentrer, sur un total de 1.500 étudiants à l’étranger, abonde Georges Leonetti, doyen de la faculté de médecine et vice-président de la région Provence-Alpes Côte d'Azur. Nous sommes surtout face à des étudiants qui, soit, on des difficultés pour réintégrer la France car ils ont des problèmes pour trouver un vol ou tout autre moyen de rentrer, soit des étudiants qui ne peuvent pas assumer financièrement ce retour. »

Aussi, la région Provence-Alpes Côte d'Azur a décidé de débloquer un fonds exceptionnel, pour allouer pas moins de 500 euros à chacun des étudiants de la région coincés à l’étranger et éprouvant des difficultés, notamment financières, à regagner le sol français. « J’ai été alerté par les présidents d’université et par des amis, justifie Renaud Muselier. Je veux aider au retour des enfants de ma région. L’Etat ne peut pas tout. Aide-toi et le ciel t’aidera. »

De son côté, l’université d’Aix-Marseille assure prendre en charge la partie financière restante, si les 500 euros débloqués par la région Paca ne sont pas suffisants. « Dans un contexte de pandémie tel que l’on connaît aujourd’hui, il est plus rassurant de se trouver dans son propre pays, dont on parle la langue et avec la prise en charge sanitaire qu’offre la France, estime Georges Leonetti. On est dans une période extrêmement angoissante. C’est de notre responsabilité que l’institution accompagne ces étudiants et réponde à leurs difficultés. » Environ 500 étudiants de la région Provence-Côte d’Azur seraient actuellement bloqués à l’étranger en raison de l’épidémie de coronavirus.