Coronavirus : Puis-je me rendre aux obsèques d’un proche ?

ECLAIRAGE Pas facile de s'y retrouver dans le flux d'informations qui tombent sur le coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse

Julie Bossart

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Un enterrement à huis clos en Italie, une mesure de protection durant l'épidémie de coronavirus (illustration)
Un enterrement à huis clos en Italie, une mesure de protection durant l'épidémie de coronavirus (illustration) — P. Cruciatti

En France, alors que le pic de l’épidémie de coronavirus n’est toujours pas atteint, le bilan s’élevait (jeudi soir) à 1.696 morts du Covid-19 enregistrés à l’hôpital depuis le début de l’épidémie fin janvier. Avec la mise en place du confinement, des lecteurs de 20 Minutes s’interrogent sur la possibilité ou non d’assister aux obsèques d’un proche, qu’il soit décédé du coronavirus ou non.

« Mon grand frère est décédé. Les obsèques auront lieu la semaine prochaine, pourrais-je y assister ? », Thierry

« Si ma mère, qui est très âgée, décède, est-ce que je pourrai aller à ses obsèques, sachant que j’habite à 300 km ? », May

« Je réside à Bordeaux, puis-je me rendre en région parisienne pour les obsèques de mon père ? », Lacaze

Voici les réponses que 20 Minutes a trouvées :

Interrogé mardi 17 mars sur France 2 sur le cas d’une téléspectatrice qui désirait assister aux obsèques d’un ami, le Premier ministre a répondu par la négative : « Ce que je vais dire est terrible à entendre (…). Nous devons limiter au maximum les déplacements et même dans cette circonstance, nous ne devons pas déroger à la règle », a insisté Edouard Philippe, avec « tristesse et détermination ».

Toutefois, sur le site du ministère de l’Intérieur, il est écrit que « le décès d’un membre de la famille proche » fait partie « des motifs familiaux impérieux autorisant les déplacements ». Un peu plus loin, il est indiqué que « l’organisation des cérémonies funéraires demeure possible, mais dans la stricte limite du cercle des intimes, donc en nombre très réduit et en observant scrupuleusement les gestes barrières. » Ainsi, jusqu’au 15 avril, « seuls les membres proches de la famille (20 personnes au maximum) ainsi que les desservants de rites funéraires peuvent faire l’objet d’une dérogation aux mesures de confinement ». Plafond qui empêche des petits-enfants de dire adieu à leur grand-mère : « A contre-chœur, j’ai renoncé avec ma sœur à aller aux obsèques… », a expliqué à l’AFP Emmanuelle Caradec, demeurant à Paris, dont l’aïeule est décédée dans une maison de retraite de Nantes.

Par ailleurs,

l’arrêté portant sur les diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus Covid-19 promulgué le 15 mars 2020 précise que « les établissements de culte sont autorisés à rester ouverts ». Et ce, en métropole comme en outre-mer. Mais, dans les églises chrétiennes, les cultes et les messes sont suspendus. « Seule une prière de bénédiction est autorisée, sans communion », précise Notre Temps, qui a fait appel pour la rédaction de son article à Florence Bresse, déléguée générale de la Fédération des pompes funèbres françaises. Contactée ce vendredi par 20 Minutes, cette dernière n’a pu nous répondre. Les prêtres de plus de 70 ans ne peuvent plus faire de célébrations – afin de les préserver de toute contamination.

Toujours selon Notre Temps, « les crémations se tiennent à huis clos et les familles ne sont plus autorisées à entrer dans la partie publique du funérarium. Les cimetières ouvrent uniquement pour les convois funéraires. Les inhumations dans les cimetières se font aussi dans la plus stricte intimité : 10 personnes peuvent assister à la mise en terre. »

Dans d’autres religions aussi, les rites sont bouleversés. Mercredi 18 mars, le Conseil français du culte musulman a diffusé un communiqué sur l’organisation des cérémonies funéraires. Le CFCM invite ainsi « les familles et le personnel funéraire à se rapprocher de la préfecture avant chaque inhumation pour vérifier que des consignes plus strictes n’ont pas été édictées dans la localité concernée en raison de l’évolution de la pandémie de Coronavirus à l’échelle de chaque département (certaines préfectures limitent à 5 le nombre de personnes présentes) ». L’instance rappelle par ailleurs « que les vols sont suspendus entre la France et de nombreux pays, entraînant l’impossibilité de rapatriement des corps vers ces pays. Il demeure possible, pour certains cas, vers certains pays, en mode cargo sans accompagnateur (se renseigner auprès des consulats concernés). »

Pour rappel, même dans ces circonstances, il convient de respecter les gestes barrières de distanciation sociale : ne pas s’embrasser, se tenir à plus d’un mètre de distance les uns des autres. Il n’y a plus de registre de condoléances et il n’est pas possible de toucher le cercueil.

En cas de doute, n’hésitez pas à appeler le numéro vert gratuit 0800 130 000.

Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Merci par avance (et prenez soin de vous) !