Coronavirus : Les opérateurs vont bientôt livrer des données de géolocalisation à la Commission

DONNÉES PERSONNELLES Orange, Telecom Italia, Telefonica et Vodafone ont déclaré être prêts à partager ces métadonnées

20 Minutes avec agences

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La Commission européenne, à Bruxelles, le 13 mars 2020.
La Commission européenne, à Bruxelles, le 13 mars 2020. — CHINE NOUVELLE/SIPA

La Commission européenne devrait recevoir « dans les prochains jours » de la part de plusieurs opérateurs de télécoms des données de géolocalisation anonymisées afin d’anticiper les pics de propagation de l’épidémie de coronavirus, a indiqué ce mercredi une source à la Commission. Le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton, s’est entretenu ce lundi avec les patrons de plusieurs grands opérateurs européens.

Orange, Telecom Italia, Telefonica et Vodafone se sont dits prêts à partager ces métadonnées, a-t-on ajouté de même source. Il s’agit à l’échelle d’une ville de comparer les déplacements de jour avec ceux de nuit. Ces métadonnées, « anonymisées et agrégées », doivent servir au JRC, le centre d’étude scientifique de la Commission qui travaille sur des algorithmes pour analyser la propagation du virus.

Des conditions de stockage respectées

L’exploitation de ce type de données se fait déjà dans plusieurs États membres. En France, Orange travaille avec l’Institut français de la recherche médicale (Inserm) pour mieux suivre les mouvements de la population pendant la pandémie.

Le but est d’aider les milieux hospitaliers à se préparer et anticiper les besoins en termes d’équipements, explique la source à la Commission, qui ajoute que ces données ont vocation à être détruites dès la fin de l’épidémie. Selon cette source, leur utilisation est conforme à la directive ePrivacy, les conditions de stockage répondent au Règlement européen sur la protection des données (RGPD), et le contrôleur européen de la protection des données a été consulté.

Une eurodéputée s’inquiète

« Cela n’a rien à voir avec ce qui a pu être mis en place en Corée du Sud ou à Singapour pour traquer le respect du confinement », assure-t-on de même source. « Il ne s’agit en aucun cas de chercher à retracer le mouvement de personnes individuellement ». Mais pour l’eurodéputée néerlandaise Sophie in’t Veld (Renew), qui a écrit une lettre à Thierry Breton pour demander un certain nombre d’éclaircissements, « dans la pratique il est très difficile d’anonymiser » les données.

« J’aimerais savoir quelle méthode ils vont utiliser, et ce qu’ils vont faire pour assurer la protection de la vie privée », a-t-elle expliqué. « Il faut être attentif. Je ne voudrais pas me réveiller un jour en me rendant compte que les garde-fous de la démocratie et de l’État de droit dans l’UE ont disparu ».