Coronavirus dans le Finistère : Les résidents secondaires ont-ils créé une pénurie d’eau ?

EPIDEMIE Des mesures de restrictions ont été imposées par Concarneau Cornouaille Agglomération dans trois communes littorales

Camille Allain

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Image d'illustration de l'Aven, rivière traversant la commune de Pont-Aven, dans le Finistère.
Image d'illustration de l'Aven, rivière traversant la commune de Pont-Aven, dans le Finistère. — Gile Michel / SIPA
  • Des mesures de restrictions d'eau ont été prises dans le Finistère pour faire face à la consommation croissante.
  • L'afflux de résidents secondaires à Nevez, Pont-Aven et Trégunc a provoqué un pic de consommation.
  • Les mesures ont permis un quasi retour à la normale dans les communes concernées.

La « migration » des résidents secondaires fuyant leur logement urbain avant les mesures de confinement continue de faire des vagues en Bretagne. Après l’arrivée massive d’habitants de région parisienne sur les îles du Morbihan, la polémique s’empare cette fois-ci de la côte sud du Finistère. En cause ?  Un communiqué adressé par Concarneau Cornouaille Agglomération aux habitants de trois communes littorales les invitant à limiter leur consommation d’eau. A Pont-Aven, Nevez et Trégunc, la consommation a soudainement grimpé en flèche, mettant à mal l’usine de production en travaux. Le coupable était tout trouvé : les Parisiens fuyant la capitale pour se confiner dans leur résidence secondaire, faisant fi des mesures sanitaires imposées par le gouvernement.

Certains voulaient remplir leur piscine

Dans les faits, la surconsommation est réelle. « En fin de semaine dernière, la demande est montée à 3.900 mètres cubes. Notre marge était très faible car notre capacité est actuellement limitée à 4.000 m³ », précise Guy Pagnard, vice-président de Concarneau Cornouaille Agglomération (CCA) chargé de l’eau et de l’assainissement. Les travaux menés sur l’usine de production du Moulin du Plessis installée à Pont-Aven ont réduit de moitié la capacité du site. A cette période de l’année, cela aurait dû suffire puisque la consommation s’établit « autour de 2.600 m³ », selon l’élu finistérien.

La semaine dernière, l’arrivée des résidents secondaires a bien créé une tension sur le réseau des trois communes, obligeant la communauté d’agglomération à prendre des mesures et prévenir les habitants par SMS. « CCA demande aux usagers de limiter aux usages nécessaires l’utilisation de leur consommation d’eau potable ». A Trégunc, Névez et Pont-Aven, l’arrosage des terrains de sport, des espaces verts publics ou privés des jardins et potagers est interdit. Le nettoyage des voitures, des façades, des terrasses et le remplissage des piscines le sont aussi. « Certains en ont fait la demande », reconnaît l’élu.

Les mesures ont produit leur effet

Mais faut-il pour autant accabler l’afflux massif de résidents secondaires ? Pas certain. « Depuis que nous avons pris nos mesures, nous sommes revenus à une demande de moins de 3.000 m³ d’eau, soit une hausse de 10 % ». Une consommation en hausse qui peut s’expliquer par l’arrivée de résidents secondaires. Mais aussi par le confinement des habitants à leur domicile. « Cette hausse de consommation n’était pas issue de comportements irresponsables. En temps normal, cet afflux, nous l’aurions eu à Pâques pour les vacances », explique l’élu.

Les trois entreprises intervenant sur l’usine de production de l’Aven ont pu reprendre le travail lundi, avec l’aval de la préfecture. Les travaux prendront encore trois semaines avant la réouverture complète du site.