Coronavirus en Charente : « Le groupe vit bien »... Dix-huit personnels d'un Ehpad se confinent avec 59 résidents

ENSEMBLE, C'EST TOUT Une partie du personnel d’un Ehpad de Mansle a décidé de se confiner dans l’établissement pour « éviter tout contact avec l’extérieur »

Marion Pignot

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Les visites dans les Ehpad sont temporairement suspendues à cause du coronavirus, le 11 mars 2020.
Les visites dans les Ehpad sont temporairement suspendues à cause du coronavirus, le 11 mars 2020. — Loic VENANCE / AFP
  • Dix-huit personnels volontaires de l’ ont choisi de se confiner dans l’établissement pour « éviter tout contact avec l’extérieur » et protéger les 59 personnes âgées qui y résident.
  • La décision, entrée en vigueur mardi, a été prise pour une période initiale de quinze jours. Parmi les 18 salariés volontaires figurent des aides-soignants, des agents d’entretien mais aussi des cuisiniers et des responsables administratifs.
  • Aucun symptôme de coronavirus n’a été détecté à ce stade parmi les 59 résidents, qui n’ont pas été en contact avec leurs familles depuis mi-mars.

« Notre seul objectif est de protéger nos résidents de l’épidémie de Covid-19​. C’est apparu comme une évidence. » Patricia Vandebrouck a choisi, depuis ce mardi, de se confiner avec 17 autres personnels de l’ Ehpad Bergeron-Grenier de Mansle (Charente) dans l’établissement pour « éviter tout contact avec l’extérieur » et protéger les 59 personnes âgées qui y résident. « Nous accueillons des personnes de 70 à 90 ans en moyenne, mais nous avons aussi deux dames de 103 ans chacun, explique la secrétaire comptable. Et tout ce petit monde se prépare psychologiquement à aller jusqu’au bout. »

Selon la Charente Libre, qui a révélé l’information, aides-soignants, des agents d’entretien mais aussi des cuisiniers et des responsables administratifs, tous volontaires, ont accepté de rester 24 heures sur 24 auprès des résidents. La décision a été prise pour une période initiale de quinze jours. L’objectif, c’est d'« éviter tout contact avec l’extérieur » pour « se donner une chance de passer au travers de la crise actuelle », a expliqué sur RTL Pascal Ramirez, directeur de cet Ehpad géré par une association à but non lucratif.

« On est partie du principe que le Covid-19 n’était pas dans ses murs »

« On a réquisitionné la chapelle, une des salles d’animation et une salle de réunion pour héberger les 18 volontaires. C’est organisé un peu comme une colonie de vacances », a détaillé Pascal Ramirez. « Des salles où des travaux venaient d’être terminés nous servent de dortoirs, on s’y est installés par petits groupes de trois ou quatre. Pour l’instant tout se passe bien. Il faut dire que l’équipe est soudée, le groupe vit bien », glisse à 20 Minutes Patricia Vandebrouck.

Selon cette dernière, tous les salariés auraient « aimé faire partie de cette aventure incroyable », mais près de la moitié des salariés avaient des impératifs familiaux. Ceux-là aident les « confinés » en faisant des courses, déposées sur le pas de la porte. « Ils doivent aussi se reposer parce qu’ils devront prendre la relève quand tout ça sera derrière nous », précise Patricia, qui ajoute que les livraisons de médicaments, de nourriture ou de matériel sont assurées en respectant toutes les procédures sanitaires.

A ce stade, aucun symptôme de coronavirus n’a été détecté parmi les 59 résidents, qui n’ont pas été en contact avec leurs familles depuis mi-mars. « On est partie du principe que le Covid-19 n’était pas dans ses murs et qu’on allait tout faire pour passer au travers, conclut Patricia Vandebrouck qui, comme les 17 autres salariés confinés, ne présente pas de signes de maladie. Au moindre doute nous prendrons les mesures qui s’imposent, comme dans tous les autres Ehpad. Mais, pour le moment, nous n’y pensons pas. »