Lyon : Pourquoi, malgré le confinement, l'air reste encore (un peu) pollué dans la métropole

ENVIRONNEMENT La baisse du trafic routier contribue à améliorer la qualité de l’air mais la pollution subsiste pour diverses raisons

Caroline Girardon

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Illustration de confinement à Lyon.
Illustration de confinement à Lyon. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Le trafic automobile a chuté de 62 % dans la métropole de Lyon et même de 85 % dans le centre-ville de Lyon.
  • La qualité de l’air s’est certes améliorée mais la pollution subsiste.
  • Les émissions de particules fines n’enregistrent pas une baisse aussi spectaculaire que celle du dioxyde d’azote.

Depuis une semaine, la nature a repris ses droits dans les rues désertes du centre-ville de Lyon. Promeneurs occasionnels, vous avez sûrement dû apprécier le chant des oiseaux. Et pour cause, le volume sonore, enregistré place Bellecour, a chuté de 6 décibels depuis le placement de la France en confinement afin d’enrayer la propagation du coronavirus à l’échelle du territoire.

La fréquentation des transports en commun a baissé de 85 % en une semaine, la location des Vélo’v a diminué de 90 % et celles des trottinettes, de 95 %. Et surtout le trafic automobile a chuté de 70 à 85 % dans l’hypercentre de la métropole de Lyon. Mais quel impact sur la qualité de l’air ? Respire-t-on désormais un air pur ? C’est en tout cas l’impression qui prédomine. Mais pas forcément la réalité.

Une baisse des particules fines moins probante

« Les émissions de dioxyde d’azote, produites par le trafic routier, ont baissé de 45 à 50 % le long des voiries. C’est flagrant en milieu urbain où l’on a désormais des niveaux dignes d’une zone rurale ». Du jamais vu. Toutefois cela ne suffit pas. « Même si l’on constate une nette amélioration, la qualité de l’air est jugée moyenne dans certains endroits », répond Nicolas Vigier, qui travaille dans l’unité des prévisions à Atmo, organisme chargé de mesurer la qualité de l’air en région Auvergne-Rhône-Alpes.

La raison ? Deux facteurs viennent compliquer la donne. A commencer par la pollution aux particules fines, émises majoritairement par le chauffage urbain, puis les activités agricoles, la circulation et les industries. « Il y a une baisse de 30 % des particules fines le long des voiries, notamment parce qu’elles ne sont plus remises en suspension par les voitures qui circulent, constate Nicolas Vigier. Mais le chauffage représente à lui seul plus de la moitié des émissions de particules fines sur l’agglomération. Là, les températures vont se rafraîchir et les chauffages d’appoint vont sûrement être utilisés ». Et d’ajouter : « La baisse est là mais elle n’est pas spectaculaire. C’est d’autant plus flagrant dans les zones rurales de l’agglomération ».

L’ozone joue les trouble-fêtes

L’ozone est lui aussi venu jouer les trouble-fêtes. « Ce n’est pas le polluant le plus problématique, rassure le prévisionniste. Mais du fait des rayons de soleil sur l’agglomération, il est bien présent actuellement. On observe une concentration modérée qui pourrait augmenter ces prochaines semaines. Et pour l’instant, on n’arrive pas à mesurer l’incidence du confinement sur la pollution à l’ozone ». Le niveau observé est même équivalent à celui enregistré avant que tout le monde ne soit calfeutré.

Et de conclure : « Avoir un taux nul de pollution, ce n’est pas quelque chose vers laquelle on pourra arriver un jour. Car certaines formes de pollution, comme l’ozone, sont créées de manière naturelle ». En attendant, il est toutefois appréciable de ne plus respirer les pots d’échappement. Une situation qui devrait encore durer quelques semaines…