Coronavirus à Bordeaux : Une cellule « spéciale Covid-19 » au CHU pour répondre aux professionnels de santé

SANTE Médecins, internes, paramédicaux… Ils se relaient pour aider leurs collègues en première ligne sur le terrain

Clément Carpentier

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La plateforme a reçu plus de 900 appels et 200 mails en six jours.
La plateforme a reçu plus de 900 appels et 200 mails en six jours. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Le CHU de Bordeaux a mis en place une cellule « spéciale Covid-19 » pour répondre à toutes les questions des professionnels de santé.
  • Composé de professeurs, de médecins, d’internes, de paramédicaux… La plateforme multidisciplinaire a reçu plus de 1000 demandes depuis une petite semaine.
  • Les questions au sujet de la chloroquine et son dérivé l’hydroxychloroquine se multiplient ces derniers jours.

Une vraie petite ruche. Ouverte 7j/7, une cellule composée de médecins, internes et paramédicaux répond à toutes les questions des professionnels de santé sur l’épidémie de coronavirus Covid-19 depuis mercredi dernier. Créé en 2015 au CHU de Bordeaux, le projet Ville Hop a pris une nouvelle dimension ces derniers jours. Au lieu de plusieurs lignes directes pour joindre un spécialiste, c’est désormais une véritable plateforme téléphonique avec un numéro et une adresse mail unique.

En tout près de 70 personnes se relaient tous les jours de 8h30 à 18h30. « L’objectif est de répondre et de rassurer nos collègues qui croulent sous les informations ces derniers jours. Des informations parfois contradictoires. Certains n’arrivent pas à s’y retrouver. On est aussi là pour soulager un peu le 15 (Samu) », explique le professeur Patrick Blanco. Ils sont 12 (huit médecins ou internes et quatre paramédicaux) à pouvoir répondre en même temps à toutes les interrogations.

900 appels et 200 mails en six jours

Cela va du professionnel de santé inquiet pour sa santé après l’apparition de symptômes, du médecin qui a besoin d’un conseil en pleine consultation avec un patient en passant par une infirmière ou une aide-soignante qui s’interroge sur l’état de santé d’une personne âgée d’un EHPAD. « En six jours, on a reçu 900 appels et 200 mails. Plus de la moitié provient de médecins généralistes qui sont souvent en première ligne. Les appels peuvent durer cinq minutes comme une demi-heure, c’est très variable », souligne le docteur Léo Donzel, spécialisé en pharmacie.

Depuis le début de la semaine, les questions se multiplient évidemment sur la chloroquine et son dérivé l’hydroxychloroquine car « tout le monde se pose des questions sur ces études et beaucoup sont dépourvus face à l’utilisation ou non de médicament », rappelle le professeur Charles Cazanave, infectiologue au CHU de Bordeaux. C’est aussi pour cette raison que sur cette plateforme certains font une veille bibliographique pour savoir tout ce qu’il se passe et se dit sur le Covid-19.

Les appels venant des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes augmentent avec l’accélération et la propagation de l’épidémie. Cette cellule spéciale a d’ailleurs mis en place une équipe mobile gériatrique qui se rend dans les EHPAD de l’agglomération bordelaise au moindre doute.

Elle est complémentaire au 15

Pour Mathilde, médecin infectiologue, « la force de cette plateforme est qu’elle soit multidisciplinaire avec beaucoup de spécialités sont représentées. » « Elle permet aussi de relever par exemple le manque de matériel dans un établissement de santé », ajoute-t-elle. Pour l’instant (et c’est plutôt une bonne nouvelle), il n’y a pas d’aide psychologique pour les professionnels de santé comme dans des régions beaucoup plus touchées à l’image du Nord mais les coordinateurs de cette cellule y réfléchissent. Tout dépendra de la vague épidémique en Nouvelle-Aquitaine.

L'équipe qui coordonne la cellule
L'équipe qui coordonne la cellule - Clément Carpentier / 20 Minutes

Cette sorte de « 15 bis » interne aux professionnels de santé permet en tout cas de soulager le centre d’appels du Samu toujours plus sollicité. Les retours sont très positifs sur le terrain. D’ailleurs ces dernières heures, la cellule du CHU de Bordeaux a même reçu des appels d’Occitanie ou du Languedoc-Roussillon.