Coronavirus en Isère : Un prêtre écope d’un rappel à la loi pour avoir célébré un mariage dans un camping en plein confinement

CONFINEMENT La cérémonie a réuni treize personnes dans un camping privé de Saint-Romain-de-Jalionas (Isère) dimanche

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un mariage.
Illustration d'un mariage. — iStock / City Presse

Il s’est appuyé sur les imprécisions qui entourent dans certains cas les sorties autorisées. Un prêtre a écopé d’un rappel à la loi pour avoir célébré une messe, dimanche, dans un camping privé en Isère, tandis que les fidèles ont été verbalisés pour non-respect du confinement lié au coronavirus​.

« Les faits sont extrêmement clairs : un prêtre est venu faire une messe dans un camping privé de Saint-Romain-de-Jalionas (Isère), ils étaient 13 en tout », a relaté lundi la procureure de Bourgoin-Jallieu, Dietlind Baudoin, confirmant une information du quotidien régional Le Dauphiné Libéré.

Des amendes et rappels à la loi

« Les personnes y assistant ont été verbalisées [d’une amende de 135 euros par les gendarmes] car la pratique de la religion n’est pas l’un des motifs permettant de déroger au confinement » pour enrayer l’épidémie de Covid-19, a ajouté la magistrate.

Pour le prêtre et une personne du camping qui a mis à disposition la salle, « c’est juridiquement plus complexe », souligne Dietlind Baudoin. Car si la pratique du culte n’est pas l’une des cinq cases prévues de l’attestation de déplacement dérogatoire, le site gouvernement.fr répond, à la question « Puis-je me rendre dans mon lieu de culte ? », en ces termes : « Oui, les lieux de culte ont été autorisés à rester ouverts. Mais je ne peux pas participer à un rassemblement ou une réunion de plus de 20 personnes au sein d’un lieu de culte ».

Un argument qu’a fait valoir le prêtre, venu du département de l’Ain pour célébrer l’office, qui avait « pris la précaution de regarder » sur le site du gouvernement et a fait respecter les distances entre les gens, selon la procureure.

Devant cette « ambiguïté » juridique, il est « délicat de dire qu’il y a eu un irrespect total » de la législation en vigueur : le prêtre a donc fait l’objet d’un simple rappel à la loi pour « mise en danger de la vie d’autrui », et la personne du camping pour « complicité », car le camping « n’est pas un lieu de culte », a précisé la magistrate.