Coronavirus à Montpellier : Les récalcitrants au confinement menacés de poursuites au pénal

CORONAVIRUS Les effectifs de la police nationale ont été réorganisés dans l’Hérault en fonction des nouvelles priorités. Le respect des consignes de confinement est désormais au cœur de sa mission

Jérôme Diesnis

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Les contrôles de police pour faire respecter le confinement vont être renforcés.
Les contrôles de police pour faire respecter le confinement vont être renforcés. — David Vincent/AP/SIPA
  • Les 1.300 fonctionnaires de police du département de l’Hérault ont pour mission première désormais de faire respecter le confinement.
  • Le directeur départemental de la sécurité publique entend le faire respecter partout. « Il n’y a pas de zones de non-droit », explique-t-il. Au bout de plusieurs verbalisations, une personne pourra être déférée devant le parquet pour mise en danger de la vie d’autrui.
  • Il fait le point sur les protections, masques et gel, en quantité suffisante selon lui pour tenir deux mois et sur le nombre de policiers hors service, notamment dans le cadre de la propagation du coronavirus. « A ce jour, aucun policier n’a été testé positif au coronavirus », explique-t-il.

« Nous allons mener une politique de harcèlement ». Yannick Blouin, directeur départemental de la direction départemental de la sécurité publique (DDSP), annonce la couleur. A l’instar de la gendarmerie, la police nationale a réorienté ses missions afin de faire respecter le confinement imposé par l’Etat et limiter la diffusion du coronavirus.

« Nous allons verbaliser à outrance les gens qui ne respectent pas le confinement, ceux qui nous tendent des attestations sans fondement, reprend le patron de la DDSP. A chaque contrôle, leurs attestations seront annotées. Si ces personnes sont incapables de nous amener la preuve, les justificatifs des raisons pour lesquelles elles ne sont pas confinées, alors on les verbalisera a posteriori. Au bout de quatre ou cinq verbalisations, le procureur m’a informé que je pourrai les placer en garde à vue pour mise en danger délibéré de la vie d’autrui ».

Poches de résistance

Ces poches de résistance, ce sont d’abord « les plages ». En milieu de semaine, les forces de l’ordre ont été présentes en nombre pour faire respecter les arrêtés préfectoraux d’interdiction d’accès au littoral et aux différents points d’eau de la région. Ce sont aussi « certains quartiers où des groupuscules se forment sans arrêt pour se livrer à du trafic de stupéfiants ou de la contrebande de cigarettes, reprend le directeur départemental. Le confinement, c’est pour tout le monde. Il est respecté par 90 à 95 % de la population. Il n’y a pas de zones de non-droit. » Depuis samedi, Montpellier et Béziers ont adopté un couvre-feu.

Les agents de la Bac poursuivent leur mission et la compagnie départementale d’intervention est toujours active. Les commissariats centraux continuent de traiter les affaires judiciaires, la PJ (Police Judiciaire) traitant les affaires les plus graves. Mais pour assumer ses nouvelles missions, la police nationale s’est réorganisée. Les bureaux de la Devèze à Béziers, Frontignan et Sète ont été fermés, ainsi que les commissariats de secteur à Lattes, de la Mosson et sur la Comédie. « Les effectifs sont redéployés dans les brigades de roulement, celles qui traitent les appels de police secours. Nous allons être visibles et mailler le terrain. On passe de 25 à 70 patrouilles avec une présence discontinue. Nous ne sommes pas des machines à verbaliser, il faut faire preuve de discernement mais être répressif à l’endroit de ceux qui ne peuvent pas dire qu’ils ne sont pas informés. »

« Nous possédons 18.000 masques FFP2 »

Les forces de l’ordre disposent de deux drones. « Ils seront utilisés en reconnaissance pour vérifier que les obligations de confinement sont respectées dans les quartiers ». Yannick Blouin explique par ailleurs être en possession de masques chirurgicaux, de 18.000 masques FFP2 et de gel hydroalcoolique en volume suffisant « pour les deux prochains mois ».

Il va bénéficier des renforts de fonctionnaires de polices aux frontières réaffectés avec la fermeture de la gare TGV Sud de France et la baisse d’activité de l’aéroport et de la gare Saint-Roch. Ainsi que de stagiaires des promotions de gardiens de la paix en fin de formation, dont les cours sont suspendus. Ils vont venir renforcer les 1.300 agents affectés au département de l’Hérault.

59 policiers confinés « par précaution »

A ce jour, 143 d’entre eux sont indisponibles. « Aucun n’a été dépisté positif au Covid-19, contrairement à ce que j’ai pu le lire », précise Yannick Blouin. 78 disposent d’autorisations spéciales d’absence en raison de l’interruption de scolarité de leurs enfants. Six sont en congés maladie ordinaire et 59 sont confinés « par précaution. Si un membre de leur famille ou eux-mêmes ont une pathologie avérée qui les rend vulnérables au virus. Ou parce qu’ils présentent un symptôme. On ne prend aucun risque. S’ils ne développent pas le coronavirus, ils sont réaffectés normalement ».