Coronavirus : Montpellier, Béziers et Perpignan décrètent le couvre-feu

CORONAVIRUS Le préfet des Pyrénées-Orientales impose le couvre-feu à Perpignan. A Béziers et Montpellier, les maires, Robert Ménard et Philippe Saurel, l’instaurent par arrêté municipal

Jérôme Diesnis

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Des Parisiens à leur fenêtre un soir de confinement.
Des Parisiens à leur fenêtre un soir de confinement. — Jacques Witt/SIPA
  • Comme Christian Estrosi, Robert Ménard a annoncé la mise en place du couvre-feu à Béziers.
  • A Perpignan, où cinq personnes sont décédées du coronavirus, c’est le préfet qui a pris cette mesure par arrêté préfectoral.
  • Philippe Saurel, le maire de Montpellier, a annoncé la mesure à son tour dans la septième ville de France. Elle prend effet à partir de ce samedi soir.

Comme Nice, les communes de Béziers et de Perpignan sont désormais soumises au couvre-feu afin de lutter contre la propagation du coronavirus. A Béziers, il sera effectif de 22h à 5h, jusqu’au 31 mars (pour l’instant). A Perpignan, il est encore plus restrictif puisqu’il s’étale sur une plage horaire de dix heures, de 20h à 6h, jusqu’au 1er avril. Montpellier sera très rapidement soumis à ces mêmes restrictions.

« En accord avec le maire de Perpignan, le procureur de la République, et le directeur général de l’ARS, le préfet des Pyrénées-Orientales a décidé, au vu de la situation sanitaire, d’instaurer un couvre-feu sur l’ensemble de la commune de Perpignan, entre 20 h et 6h du matin, à compter de ce jour et jusqu’au 1er avril 2020 », indique la préfecture des Pyrénées-Orientales dans un communiqué de presse.

Considéré comme un délit à Perpignan

Mercredi, le préfet s’était ému du nombre de véhicules en circulation, laissant entrevoir une application plus stricte des mesures de confinement. « [Leur nombre] à l’entrée de la pénétrante nord de Perpignan était supérieur à 1.000 véhicules par heure ce matin, après la période d’embauche, ce qui apparaît notoirement en contradiction avec les mesures de confinement obligatoires ».

Cette décision implique l’obligation impérative de rester à domicile durant cette tranche horaire. Tout contrevenant s’expose à des poursuites pénales. Alors que Perpignan est l’un des clusters du Covid-19 en Occitanie (cinq personnes y sont décédées depuis le début de la pandémie), c’est un durcissement des mesures de confinement. Elles n’étaient jusqu’à présent passibles que d’une amende.

A Montpellier, le maire annonce un couvre-feu imminent

A Béziers, le maire Robert Ménard (DVD) a signé ce samedi l’arrêté municipal à effet immédiat. Pour justifier ce couvre-feu, le premier magistrat de la sous-préfecture de l’Hérault déplore notamment que « malgré les mesures prises par le gouvernement, de nombreux individus continuent à se déplacer hors de leur domicile pour des motifs étrangers à ceux qui font l’objet d’une dérogation à l’interdiction de déplacement ». Montpellier est devenue, depuis, la troisième ville d'Occitanie à instaurer le couvre-feu.

Le maire, Philippe Saurel (DVG) demande la « fermeture de tous les marchés alimentaires », que les « transports publics soient dédiés à ceux qui sont autorisés à travailler ». Il a annoncé « l’installation d’un couvre-feu entre 22 heures et 5 heures » ainsi que la « mise à disposition du gymnase Bernard Gasset pour l’aide alimentaire aux plus démunis ».

Par dérogation, le couvre-feu dans ces communes ne s’appliquera pas aux personnes qui – sous couvert de présentation d’un justificatif professionnel – doivent se déplacer entre leur domicile et leur lieu de travail. Mais aussi les chauffeurs de taxi, les personnes qui remplissent une mission de service publique, le personnel médical ou ceux en charge des aides à la personne.