Coronavirus à Nantes : Consignes respectées mais « triste ambiance » au marché de la Petite-Hollande

EPIDEMIE Consignes de sécurité, nombre restreint de commerçants, clients peu visibles… Le populaire marché de la Petite-Hollande était méconnaissable

Frédéric Brenon
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Le marché de la Petite-Hollande à Nantes maintenu en plein confinement — 20 Minutes
  • Le marché de la Petite-Hollande se tient chaque samedi en plein air en centre-ville de Nantes.
  • D’ordinaire très animé, il était cette fois très peu fréquenté en cette période de confinement.
  • Les commerçants ont dû composer avec plusieurs restrictions.

« Ça fait mal au cœur. » Philippe ne reconnaît pas son marché de la Petite-Hollande. D’ordinaire si populaire et animé, ce rendez-vous hebdomadaire de plein air du centre-ville de Nantes se confrontait pour la première fois, ce samedi, aux nouvelles mesures restrictives de lutte contre l’épidémie de coronavirus. A la demande de la mairie, seul un commerçant sur deux était autorisé à vendre afin de « faciliter la gestion des flux ». Les étals non alimentaires étaient également interdits.

Résultat : une cinquantaine de commerces présents, contre environ 200 habituellement. Les clients, eux, étaient invités à se déplacer seul, à établir une distance d’au moins un mètre entre humains et à respecter le marquage au sol. La police municipale veille et des messages de rappel sont diffusés tous les quarts d’heure au haut-parleur.

« L’état d’esprit a évolué ces derniers jours »

Devant le stand de Younnes, des cagettes sont disposées au sol pour freiner les tentatives de rapprochement. « On fait très attention à ce que personne ne touche les fruits et légumes, on sert nous-même les clients. C’est un peu compliqué mais, globalement, ils comprennent », explique-t-il. Isabelle Pelloquet, poissonnière, est également vigilante. « On ne fait plus aucune préparation pour limiter les temps d’attente et les risques d’exposition, explique-t-elle. A part un ou deux récalcitrants, c’est très bien respecté dans l’ensemble. On sent que l’état d’esprit a évolué ces derniers jours. »

Les clients sont obligés de respecter une distance de sécurité et de ne pas toucher les étals.
Les clients sont obligés de respecter une distance de sécurité et de ne pas toucher les étals. - F.Brenon/20Minutes

Il faut dire que les allées sont pour le moins clairsemées. Peu de clients se sont déplacés. Les marchands donnent de la voix, souvent dans le vide. « On s’attendait à une baisse de fréquentation, mais pas à ce point-là. Je vais devoir jeter une bonne partie de mon stock », se désole Younnes. « Il y a moins de la moitié par rapport à d’habitude », évalue Jean, arboriculteur. « La chute est vertigineuse. On va faire -70 % », craint Isabelle, côté poissonnerie. « On avait pourtant très bien vendu ces derniers jours sur les autres marchés nantais, s’étonne Anthony, crémier-fromager. Le marché de la Petite-Hollande est d’ordinaire très dense, les clients ont dû avoir peur. »

« On ne craint rien par rapport à un supermarché bondé »

Philippe, client « fidèle », reconnaît avoir « hésité à venir ». « Si c’était la cohue je serais sans doute reparti. Là, ça va, on a de l’espace. » Masque sur le visage, Justine tenait à faire le déplacement. « J’avais besoin de produits frais et puis il faut soutenir les petits commerçants. Je constate que tout le monde respecte les consignes, qu’on est en plein air. Je pense qu’on ne craint rien par rapport à un supermarché bondé. »

Samir, vendeur d’olives, est du même avis. « Nous on subit des restrictions, on nous impose de venir une semaine sur deux. Ce n’est pas évident mais on accepte. Par contre les supermarchés peuvent accueillir un max de monde. Où est la logique ? » « On serre les dents pendant que la grande distribution fait du chiffre. Leurs magasins sont pourtant en milieu clos, les chariots ne sont pas désinfectés. On n’est pas logé à la même enseigne », regrette Anthony, le fromager.

De l’autre côté du centre-ville, l’autre grand marché nantais, le marché couvert de Talensac, est également ouvert avec moins de commerçants présents et des restrictions similaires. Pour pallier cette difficulté, les commerçants de Talensac ont lancé vendredi un dispositif « drive » à l’intention des clients. Dans le reste de la métropole, le grand marché dominical de Basse-Indre, lui, sera exceptionnellement fermé demain.