Coronavirus à Lyon : « Cela fait chaud au cœur de voir cet élan de générosité », témoignent les personnels des hôpitaux

SOLIDARITE Livraisons de repas, proposition d'hébergement, aide aux courses, la solidarité s'organise pour soulager les personnels hospitaliers de la ville

Caroline Girardon

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Du personnel hospitalier devant un hôpital. (illustration)
Du personnel hospitalier devant un hôpital. (illustration) — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • Depuis mardi, la solidarité s’est mise en place envers les personnels soignants des hôpitaux.
  • Des livraisons de repas sont effectuées dans les établissements, de l’aide aux courses est proposée.
  • Des gestes appréciés par les 23.000 salariés des hospices civils de Lyon.

« Cela fait chaud au cœur de voir cet élan de solidarité pour nous tous dans cette période difficile et éprouvante ». Depuis quelques jours, l’entraide s’est mise en place à Lyon pour épauler les 23.000 salariés des hospices civils, fortement sollicités depuis la pandémie de coronavirus. La direction des HCL a d’ailleurs mis en place une adresse mail aide-covid19@chu-lyon.fr afin de centraliser toutes les propositions, quelles qu’elles soient. Livraisons de repas dans les établissements, aide aux courses, proposition d’hébergement sont autant de « petits coups de pouce » fortement appréciés par les équipes.

« Ce sont des petites choses qui font un grand plus », témoigne l’un des cadres de l’hôpital cardio de Bron. Vendredi midi, une dizaine de pizzas ont été livrées par une franchise de restauration rapide, obligée de fermer en raison des mesures de confinement imposées par le gouvernement. L’entreprise s’est récemment rapprochée des HCL pour offrir 200 pizzas par jour.

« Ces moments-là aident à casser les tensions et les appréhensions »

« Cela change du quotidien et du self, notamment, où nous sommes obligés de respecter les distances nécessaires et se tenir éloignés. Les plateaux-repas nous sont donnés de façon individuelle. Là, nous avons pu partager un moment de convivialité et cela permet de manger autre chose. D’autant qu’elles étaient délicieuses », poursuit ce salarié des HCL. Et d’ajouter : « Le stress monte. Ces moments-là aident à casser les tensions et les appréhensions, ça aide à se préparer pour le moment où nous serons le plus sollicités ».

Dans les couloirs de l’hôpital de la Croix-Rousse, l’initiative a également été appréciée. « Cela fait plaisir à tout le monde : aux infirmières, aux étudiants, aux médecins », complète René, médecin. Et d’ajouter : « Cette semaine, des patients nous ont amené du chocolat. Des restaurants nous également offert des salades ou proposé de faire des burgers. Cela change de la nourriture de l’hôpital et ça aide bien quand on n’a pas le temps de cuisiner chez soi ». « C’est assez réconfortant… Mais pas autant que les applaudissements », glisse Mathilde.

Tsunami à venir

Chaque soir, comme de partout en France, les Lyonnais sortent à 20 heures sur leurs balcons pour applaudir le personnel. L’heure à laquelle, René rejoint son domicile. « Hier, ça donnait l’impression d’une haie d’honneur », sourit-il. Un réconfort avant un surcroît d’activité, prédit pour les prochains jours. « Pour l’instant, cela reste encore calme. Mais on redoute un tsunami quand la maladie va se déclarer chez les gens, qui l’ont incubé, et qui sont actuellement confinés », poursuit-il.

« Chaque journée calme, c’est une journée de gagnée. Cela nous laisse encore un peu de temps pour être le plus opérationnel, explique-t-on dans les services de l’hôpital cardiologique de Bron. Nous sommes en train de nous former. Même si nous sommes tous polyvalents, ce n’est pas la même chose quand il s’agit de pratiquer dans un service dans lequel on n’a plus exercé depuis des années ».

Les HCL ont d’ailleurs lancé un appel aux médecins, infirmier.e.s et aide-soignant.e.s diplômé.e.s d’état pour constituer une base de renforts, en cas de besoin.