Coronavirus : Je devais déménager mais le confinement est arrivé, comment je fais ?

LOGEMENT Un déménagement ne se décide pas une semaine à l’avance. Certains se retrouvent coincés par le confinement lié au coronavirus

Romarik Le Dourneuf

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Des aides publiques prennent en charge les frais de déménagement des ménages, sous conditions.
Des aides publiques prennent en charge les frais de déménagement des ménages, sous conditions. — iStock / City Presse
  • Pendant le confinement, les déménagements sont autorisés, mais seulement pour des besoins stricts, selon le ministère de l’Intérieur.
  • 95 % des sociétés de déménagement ont arrêté leurs activités, selon la chambre syndicale du déménagement, afin de protéger les travailleurs.
  • La trêve hivernale, repoussée au 31 mai en raison de l’épidémie de coronavirus, empêche les expulsions.

« Restez à la maison ». S’il a parfois eu du mal à entrer dans les esprits, le mot d’ordre pour faire face au Covid-19 commence à porter ses fruits. Télétravail, fermeture des écoles ou de commerces… Les mesures du gouvernement poussent les citoyens à tenir le siège de leur domicile pour ne pas laisser se propager le coronavirus.

Mais certains avaient prévu de changer de domicile avant que le confinement ne soit instauré. Que faire alors ?

Peut-on toujours déménager pendant le confinement ?

A cette question, le ministère de l’Intérieur répond par l’affirmative : « Les déménagements sont autorisés mais doivent être limités aux besoins stricts, comme par exemple une fin de bail. » Toutefois, le terme « besoins stricts » reste évasif. Séverine Amate, porte-parole de SeLoger, apporte quelques précisions : « Le gouvernement se réfère aux limites du bail. Si une date de départ est déjà fixée avec le propriétaire, si un nouveau locataire arrive ou si un nouveau propriétaire doit prendre possession des lieux, il s’agit alors d’un cas de force majeure. »

Qu’en est-il dans le cas de l’achat ou de la vente d’une propriété ?

Selon un agent immobilier parisien contacté par 20 Minutes, il y a différents cas possibles. Le premier : un compromis de vente a été signé : « Si le notaire a la structure pour accueillir toutes les parties dans des conditions adéquates – un mètre entre chaque personne, des stylos individuels, etc. – et que les personnes concernées acceptent de se déplacer pour signer, alors la vente peut être entérinée et le déménagement se faire. »

Dans le cas où le contrat authentique serait déjà signé, « rien ne s’oppose pour le moment au déménagement ».

Peut-on faire appel à une société de déménagement ?

Théoriquement, oui. En réalité, ce sera plus difficile. Thierry Gros, président de la Chambre syndicale du déménagement (CSD), explique : « Aujourd’hui, 95 % des sociétés de déménagement ont arrêté leur activité. » Il met en avant les risques de contamination : « Nous entrons dans l’intimité des gens, à leur contact et nous touchons leurs affaires. Imaginez qu’un employé soit porteur et contamine un client qui tombe gravement malade, voire pire. Ou l’inverse… Nous ne pouvons prendre ce risque. »

La question pratique, aussi, empêche le travail de ces professionnels : « Comment deux gars peuvent-ils portent une machine à laver tout en restant à un mètre l’un de l’autre ? Comment pourraient-ils manipuler des objets lourds avec des gants en latex ? Comment porter des meubles et enchaîner les montées d’escalier avec un masque ? Ils étoufferaient ! » Le président de la CSD précise toutefois que 5 % des demandes de déménagements en urgence sont assurées pour des situations très particulières.

Quelles consignes appliquer pour les déménagements ?

Les mêmes que pour tout autre citoyen qui souhaite sortir. A savoir, disposer d’une attestation personnelle de déplacement en bonne et due forme. Il n’est pas autorisé de se regrouper à plus de cinq personnes et les gestes barrières restent de rigueur.

Que faire si on se retrouve entre deux baux de locations, mais qu’il est impossible de déménager ?

« Il n’y a pour le moment pas de cadre précis dans ce cas », explique Séverine Amate. Pour l’experte en immobilier, le bon sens et la responsabilité de tous sont de mise : « Le maître mot pour le moment est "reporter". Afin d’éviter tout risque face au coronavirus, le mieux est de trouver un accord à l’amiable entre les propriétaires et les locataires. Il est possible de repousser la fin d’un bail ou le début d’un nouveau. » Elle concède toutefois que la double négociation peut s’avérer complexe pour un locataire.

Dans les cas extrêmes, il faut savoir que la fin de la trêve hivernale a été reportée au 31 mai par le gouvernement – les expulsions locatives sont donc interdites – pour faire face à la crise.