Coronavirus : Inquiétude des salariés sur les sites d’Amazon en France

SOCIAL « Personne ne se sent en sécurité chez Amazon aujourd’hui en France. Ils ne mettent pas les moyens nécessaires pour sécuriser les travailleurs », assure un délégué syndical

20 Minutes avec AFP

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Dans l'entrepôt Amazon de Lauwin-Planque en 2013.
Dans l'entrepôt Amazon de Lauwin-Planque en 2013. — 20 MINUTES/LIBERT/SIPA

Alors que les Français se tournent vers l'e-commerce pour s'approvisionner en période de confinement, les salariés d' Amazon s'inquiètent. Ils posent des jours de congés ou exercent leur droit de retrait. Des salariés de plusieurs sites en France du leader du e-commerce font valoir le « danger grave et imminent » auquel ils sont exposés, faute, disent-ils, de pouvoir respecter les règles de sécurité sanitaire face à l’épidémie de coronavirus.

Ce mercredi, environ 50 % des CDI ont fait valoir leur droit de retrait ou étaient en débrayage à Montélimar (Drôme), selon des sources syndicales. La veille, au moins 200 salariés du site près de Douai (Nord) avait fait de même.

« Danger grave et imminent » pour les salariés

« Personne ne se sent en sécurité chez Amazon aujourd’hui en France », explique Jérôme Guilain, délégué Sud-Solidaires à Lauwin-Planque, près de Douai, qui a alerté sur un « danger grave et imminent » lundi. « Ils ne mettent pas les moyens nécessaires pour sécuriser les travailleurs », assure-t-il.

D’après lui, « les gens ne veulent plus venir ». « Ils ont peur d’être présents sur le site » où travaillent 1.700 salariés, sans compter les centaines d’intérimaires, selon les périodes. Entre 80 et 100 salariés du site débrayaient mercredi après-midi, selon plusieurs sources syndicales.

Manque de gel, pas de masque ni de gants

« Les salariés demandent au minimum de travailler en sécurité et au maximum de fermer le site pendant quinze jours », écrit l’intersyndicale dans un communiqué. Selon les syndicats, il n’y a pas assez de gel hydroalcoolique, pas de masque FFP2, ni de gants ni de lingettes désinfectantes. Et la distance physique d’au moins un mètre n’est pas applicable partout dans le centre logistique : croisement des équipes dans les allées, proximité sur les lignes d’emballage…

« A certains endroits, impossible de garder les distances de sécurité, notamment dans les vestiaires. Ils ont rajouté une pause en plus pour qu’on ne soit pas trop nombreux en salle de pause mais les trois pauses s’enchaînent sans nettoyage des locaux », renchérit Guillaume Reynaud, secrétaire CGT d’Amazon Montélimar.

« Est-ce qu’un DVD, c’est de première nécessité ? »

A Boves, près d’Amiens (Somme), il y a cinq suspicions de cas de Covid-19, affirment les syndicats. « Tout le monde a peur ; ça tourne à la panique », affirme Sandra Holota, déléguée syndicale CGT. Mais seuls une « dizaine de salariés » ont fait valoir leur droit de retrait ces derniers jours. « Beaucoup ne le font pas parce qu’ils ne seront pas payés ».

Selon la déléguée syndicale, « la direction a fait savoir que leur absence serait considérée comme une absence autorisée non payée. On ne sera pas sanctionné, pas licencié, mais pas payé ».

« Est-ce qu’un DVD ou une clé, c’est un bien de première nécessité ? », s’interroge un élu CFDT voulant garder l’anonymat, affirmant que la part de la vente alimentaire représente « très peu » du chiffre d’affaires. Contactée par l’AFP, la direction d’Amazon n’était pas joignable dans l’immédiat.