Coronavirus : A Nantes, le Samu « double son bataillon » pour faire face aux appels

EPIDEMIE Des étudiants et des médecins retraités se sont portés volontaires pour prêter main forte au centre 15 de Loire-Atlantique

Julie Urbach
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Illustration du SAMU 44
Illustration du SAMU 44 — JS Evrard/ SIPA
  • Le Samu de Loire-Atlantique reçoit un important nombre d’appels téléphoniques ces derniers jours, en lien avec l’épidémie de coronavirus.
  • Le 15 est désormais réservé aux cas les plus graves, insiste le Samu, qui se prépare cependant à doubler sa capacité à répondre dans les prochains jours.

Une «guerre sanitaire», avec tout le champ lexical qui va avec. En Loire-Atlantique, les autorités et équipes médicales se mettent en ordre de bataille afin d’affronter « la vague épidémique » attendue dans les Pays-de-la-Loire. Si, selon le dernier décompte communiqué, un peu plus d' une centaine de cas de coronavirus ont été détectés dans la région, les appels au centre 15, eux, explosent.

La semaine dernière, 18.000 coups de téléphone ont été reçus au Samu 44, contre 8.000 habituellement. Dimanche, le standard en a même recensé 3.360. « Il est primordial que cette pression diminue, espère le Dr Joël Jenvrin, responsable médical du Samu 44. Nous rappelons que le 15 est réservé aux cas les plus graves, c’est-à-dire présentant des problèmes respiratoires : les patients ayant des symptômes légers doivent se tourner vers leur médecin traitant. Il y a toujours des infarctus, AVC et arrêts cardiaques auxquels nous devons aussi répondre… »

Etudiants et retraités volontaires

S’il est difficile de faire changer les comportements dans cette situation "inédite", le Samu a choisi en attendant de « doubler sa capacité ». En plus des 24 postes de travail habituels, dix nouveaux ont déjà été installés. Et cette semaine, dix autres vont être rajoutés. « Une trentaine d’étudiants en médecine se sont portés volontaires pour aider les assistants de régulation médicale, se félicite Joël Jenvrin. Nous avons également reçu une centaine de candidatures de médecins généralistes retraités. Les formations ont commencé et se poursuivent demain. »

En parallèle, une annonce a été publiée par le CHU de Nantes pour recruter un superviseur, « un officier supplémentaire pour encadrer ce nouveau bataillon ». Les nouvelles recrues devront être opérationnelles d’ici à la fin de la semaine, en prévision d’un afflux de cas sévères dans les prochains jours, auquel les autorités se préparent.

Treize patients en réanimation

Ce mardi, sur la centaine de cas de coronavirus connus, cinq patients (dont trois à Nantes) se trouvaient dans un état préoccupant dans la région des Pays-de-la-Loire, selon l’Agence régionale de santé. Huit autres, dont deux à Nantes, étaient dans l’attente d’un diagnostic mais nécessitaient eux aussi une hospitalisation en réanimation.

Selon l’ARS, 225 lits sont pour le moment disponibles dans la région, une capacité qui pourrait très prochainement doubler grâce à la déprogrammation des hospitalisations non urgentes. Ce soir, les autorités ont également annoncé la mort ce week-end d’un homme de 91 ans au CHU d'Angers. Il s’agit du deuxième décès de personnes originaires des Pays-de-la-Loire.