Coronavirus : Non, cette vidéo ne montre pas un camion braqué par des voleurs après le confinement

FAKE OFF Une vidéo virale est présentée, à tort, comme celle d’un camion de nourriture braqué par des voleurs en pleine période de confinement contre le coronavirus

Alexis Orsini

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La vidéo virale d'un camion prétendument braqué en plein confinement.
La vidéo virale d'un camion prétendument braqué en plein confinement. — capture d'écran/Twitter
  • Un camion immobilisé par des voitures à l’arrêt, des hommes qui tentent de monter à bord et visent la porte du conducteur, avant que le véhicule ne s’extirpe soudainement…
  • Telle est la scène visible dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux depuis ce matin, laissant penser qu’une personne a été écrasée à cette occasion et que les agresseurs du camion cherchaient à lui voler de la nourriture en plein confinement.
  • Mais selon l’entreprise néerlandaise en charge de ce camion réfrigéré, la scène remonte à dimanche et n’a aucun lien avec le coronavirus. La vidéo était en outre déjà visible hier, soit avant le début du confinement.

« Oh putain !! Je vous dis que le corona rend les gens fous putaiiin !!», « Premières "péripéties" du confinement total : des racailles braquent un camion contenant de la nourriture sur le périphérique, puis, d’après les témoins, tuent son conducteur en l’écrasant. Scènes de guerre civile à craindre »…

Sur Twitter, une vidéo d’un peu plus d’une minute partagée par différents internautes cumule de nombreuses vues depuis quelques heures. Et pour cause : elle montre un camion immobilisé au milieu de plusieurs voitures à l’arrêt, sur une route à plusieurs voies, tandis qu’un groupe d’au moins quatre personnes jette à répétition un objet sur la vitre du conducteur.

Et alors que l’un d’eux s’accroche sur la portière passager et semble prêt à s’introduire dans le camion, ce dernier démarre et s’extirpe de la zone bloquée, tandis qu’un des autres hommes recommence à frapper la vitre du conducteur. La personne en train de filmer à distance, elle, s’écrie : « Il est écrasé ! Il est mort ! Sur la Torah, il est mort ! » avant de finir par sortir de sa voiture et de retourner vers le lieu de l’incident. Mais la vidéo s’arrête à ce moment-là, sans qu’aucun corps soit visible au sol.

FAKE OFF

Comme on peut le voir clairement sur la vidéo, le camion fait partie de la société de transports de produits surgelés Voesenek, installée aux Pays-Bas mais opérant aussi en France. Contactée par 20 Minutes, l’entreprise néerlandaise n’avait pas donné suite à nos sollicitations avant la parution de l’article.

Mais elle s’est déjà exprimée à propos de cet incident, en expliquant dans les colonnes de « Breda Vandaag », le média local de cette commune du sud des Pays-Bas, être « au courant de la situation » et en confirmant que la scène a eu lieu en France.

La vidéo virale d'un camion prétendument braqué en plein confinement.
La vidéo virale d'un camion prétendument braqué en plein confinement. - capture d'écran/Twitter

« Une querelle de circulation "normale" »

« Cela s’est produit dimanche dernier. Nous aimerions immédiatement réfuter les rumeurs selon lesquelles il s’agissait d’un vol lié au coronavirus. Nous n’avons pas encore tous les détails, car le conducteur est toujours en route vers Breda. Mais nous savons que l’arrière du camion n’a pas été touché. Ce n’était certainement pas un vol. Il semble qu’il s’agissait d’une querelle de circulation "normale" », a poursuivi l’entreprise en déplorant cette « situation très ennuyeuse ».

Si la vidéo circule énormément depuis ce matin, elle avait déjà été mise en ligne hier soir à 19 h 59 par la page Facebook « Les banlieusard ». Juste avant l'allocution d'Emmanuel Macron et donc de longues heures avant le confinement de l’Hexagone, effectif depuis ce midi seulement.

Contactée par 20 Minutes, la page Facebook n’avait pas donné suite à nos sollicitations avant la publication de l’article. Mais la légende accompagnant la vidéo ne faisait nullement mention d’un lien avec le coronavirus puisqu’elle indiquait simplement que cette scène avait été filmée « sur le [périphérique] aujourd’hui ».