Coronavirus : « Je n’ai personne pour garder mes enfants… » Avec la fermeture des écoles, les parents se cassent la tête pour trouver des solutions

VOUS TEMOIGNEZ Les lecteurs de « 20 Minutes » qui doivent garder leurs enfants tout en continuant de travailler se demandent comment ils vont faire 

Thibaut Chevillard

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Une école primaire fermée à Mouy, dans l'Oise
Une école primaire fermée à Mouy, dans l'Oise — Klein Sebastien/SIPA
  • Le chef de l’Etat a annoncé, dans une allocution télévisée jeudi, la fermeture des crèches et des établissements scolaires à partir de lundi pour « ralentir la propagation du coronavirus ».
  • Emmanuel Macron a également demandé à toutes les entreprises le pouvant de mettre en place le travail à distance. Les parents, eux, se demandent comment ils pourront continuer de travailler tout en s’occupant de leurs enfants.
  • Les lecteurs de « 20 Minutes » nous expliquent ce qu’ils envisagent de faire face à cette situation inédite qui pourrait se prolonger dans le temps.

« Trop cooool ! » Beaucoup d’enfants ont sauté de joie, jeudi soir, en apprenant de la bouche du président de la République que les établissements scolaires seront fermés une quinzaine de jours au minimum. Leurs parents, eux, se demandent comment ils vont pouvoir s’en occuper tout en continuant de travailler. Sabrina, maman de trois enfants de 4, 6 et 16 ans, « appréhende les prochaines semaines ». « Je n’ai personne pour garder mes enfants. Je suis censée télétravailler mais je ne vois pas bien comment je vais pouvoir m’organiser entre le travail, m’occuper des enfants et l’école à distance », témoigne-t-elle auprès de 20 Minutes. Certains, comme Christine, ont « la chance de travailler pour un grand groupe industriel » qui autorise le télétravail.

Mais cette possibilité n’est pas offerte à tout le monde. « Mon mari travaille dans une agence d’assurances, il est en contact avec les clients, ce n’est pas possible de télétravailler », souligne Julie, une Parisienne maman de trois enfants. Sandrine, qui élève seule son fils de 16 mois, se demande, elle aussi, comment elle va faire « avec la fermeture de la crèche ». « J’ai des contraintes professionnelles », explique la jeune femme originaire du Nord de la France et vivant dans la région lyonnaise. Elle envisage de se « mettre en arrêt maladie » même si ce n’est « pas la bonne solution ». Camille et son compagnon, eux, sont gérants d’un restaurant et d’une pâtisserie. « Nous devons continuer de gérer nos commerces et nous occuper de nos enfants qui ne seront plus à l’école », confie-t-elle.

« Garde alternée avec des collègues »

Une situation difficile à gérer, d’autant que le couple fait face « à de nombreuses annulations de réservation et à une baisse de la fréquentation ». En outre, l’une de leur salariée « a des enfants aussi et elle va devoir les garder ». Alors, comment faire ? « Je vais demander de l’aide quelques heures par jour à mes proches dans la mesure du possible », assure Annie. Rose, de son côté, va garder ses cinq petits enfants âgés de 3 à 15 ans. « C’est normal », dit cette grand-mère qui a néanmoins des craintes pour la santé de son époux qui est cardiaque et qui souffre d’insuffisance respiratoire. Elle se sent « écartelée entre mon mari qui ne doit pas approcher ce virus qui lui serait fatal, et la demande de mes enfants ».

« Nous voulons à tout prix éviter la garde par les grands-parents puisque, compte tenu de leur âge, ce sont des sujets à risque » rappelle Céline, maman d’une petite fille de 3 ans. Son conjoint étant travailleur indépendant, « il ne peut arrêter son activité ». « Il ne reste plus que moi » pour s’occuper de leur fille. Elle envisage « peut-être une garde alternée avec des collègues ». Certains couples s’organisent et se partagent la tâche. « Avec mon mari, nous allons nous arranger pour faire un roulement la semaine prochaine : il gardera les enfants lundi et mardi, et moi mercredi, jeudi et vendredi », explique Mélanie. Elle va « proposer à des mamans du quartier de garder un ou deux enfants de plus, pour celles qui n’auraient pas de solution ».

« Je ne sais pas lequel des deux sera le plus difficile à gérer ! »

Surtout, que faire des enfants, qui s’imaginent déjà en vacances prolongées, durant cette période de confinement ? « Nous ferons l’école à domicile, ce n’est pas une source d’inquiétude pour nous », affirme Camille. Sabrina, qui vit dans l'Oise, s’est déjà organisée. « Grâce au Cned (Centre national d’enseignement à distance), nous pouvons assurer la continuité des cours, même si les enfants préféreraient être avec des copains en classe. » Pour ne pas qu’ils se sentent trop isolés, elle leur « propose des activités ludiques » et tente de passer « un maximum de temps » avec eux après sa journée de télétravail. « Ça resserre fortement nos liens familiaux », remarque-t-elle.

Les enfants de Marion n’échapperont pas non plus aux devoirs. « On va tenter de garder le même rythme qu’à l’école, avec un peu plus de flexibilité », ajoute-t-elle. « Les matins seront consacrés à du travail écrit et l’après-midi au visionnage de reportages culturels. » Lucie devra s’occuper de son fils de 6 ans… Mais aussi de son mari âgé de 40 ans, dont tous les déplacements professionnels ont été annulés. Et cette nouvelle, dit-elle avec humour, ne l’enchante guère. « Je ne sais pas lequel des deux sera le plus difficile à gérer ! »