Coronavirus : Soignants, comment envisagez-vous ces prochaines semaines ?

VOUS TEMOIGNEZ Le président a demandé la mobilisation de tous les soignants face à l’épidémie

Oihana Gabriel

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Illustration de deux médecins avec des stéthoscopes.
Illustration de deux médecins avec des stéthoscopes. — Pixabay

Ils vont devoir aller au charbon. Le président Macron a annoncé jeudi soir, lors de son allocution télévisée, que toutes les écoles, crèches, collèges, lycées, universités seront fermées à partir de lundi prochain et jusqu’à nouvel ordre. Dans le même temps, il a félicité les soignants pour leur mobilisation… qui va devoir continuer sur la durée, voire redoubler.

La garde assurée ?

« Je vais vous demander de continuer à faire des sacrifices », a prévenu le président, reconnaissant que la situation des soignants allait être particulièrement compliquée. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education vient d’annoncer : « Nous allons organiser un service minimum pour les enfants des personnels soignants ». « Je compte sur vous pour aider le voisin quand il est personnel soignant et qu’il a besoin d’une solution de garde », a suggéré Emmanuel Macron, qui appelle à la solidarité nationale. « Le ministre de la Santé va préciser dans les prochaines heures les règles pour que nous vous aidions à bien vous protéger contre le virus », a aussi prévenu le président.

Ces annonces arrivent dans un climat où les hôpitaux sont déjà très fragilisés. De nombreux médecins, libéraux comme hospitaliers, ont prévenu que le système de santé était déjà mobilisé, mais en difficulté. Manque de masques, de personnel, de lit… Est-ce que notre système de santé est capable d’absorber un tsunami de cette ampleur ? Le 27 février, Emmanuel Macron, en visite à La Pitié Salpêtrière, avait été interpellé par plusieurs médecins sur les besoins urgents. « Sans injection de moyens rapides, nous ne pourrons pas faire face à ce type de crise », avait expliqué François Salachas, neurologue mais également membre du collectif Inter-Hôpitaux. Et le locataire de l’Elysée a insisté jeudi soir : « Ce que révèle cette pandémie, c’est que la santé gratuite, sans condition de revenus, notre Etat-Providence, ne sont pas des coûts, mais des biens précieux. »

Vous êtes soignant, comment voyez-vous ces prochaines semaines ? Avez-vous des inquiétudes sur la capacité de notre système de santé à absorber cette crise ? Que faudrait-il, selon vous, en priorité, pour que les hôpitaux et les services de ville tiennent le coup face au coronavirus ?