Coronavirus : La France se prépare à une accélération de l’épidémie

CORONAVIRUS Le dernier bilan officiel, mardi soir, faisait état en France de 33 décès (contre 25 lundi) sur les 1.784 cas confirmés

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron visite les urgences de l'hôpital Necker, à Paris le 10 mars 2020.
Emmanuel Macron visite les urgences de l'hôpital Necker, à Paris le 10 mars 2020. — HAMILTON-POOL/SIPA

L’exécutif prépare les esprits à une accélération de l’épidémie du nouveau coronavirus, excluant pour l’instant des mesures de confinement aussi drastiques qu’en Italie, et tente de trouver une réponse au sévère ralentissement économique.

« Nous prenons des mesures adaptées. Aujourd’hui, il n’y a pas lieu de prendre des décisions de cette nature » mais « si demain ou après-demain, il y avait lieu de le faire, nous l’expliquerions et peut-être les prendrions-nous », a déclaré Emmanuel Macron, en réponse à une question sur les mesures adoptées en Italie. Pour le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, « le passage au stade 3 devrait arriver dans les prochains jours », pouvant accentuer localement certaines contraintes face au coronavirus.

Le dernier bilan officiel, mardi soir, faisait état en France de 33 décès (contre 25 lundi) sur les 1.784 cas confirmés. 86 malades sont en réanimation. Toutes les personnes décédées sont des adultes et pour 23 d’entre elles étaient âgées de plus de 75 ans.

« Il reste de nombreuses incertitudes scientifiques sur ce virus »

« Nous sommes au tout début de cette épidémie », a estimé Emmanuel Macron alors que la plus forte augmentation de cas confirmés – 372 en vingt-quatre heures – a été rapportée mardi soir. « Nous vivons une crise exceptionnelle », a-t-il insisté. Si « 80 à 85 % des formes restent bénignes » a rappelé Jérôme Salomon, « il reste de nombreuses incertitudes scientifiques sur ce virus », contrairement à celui de « la grippe qu’on connaît depuis cent ans » – et qui fait 10.000 morts chaque année en moyenne dans le pays. « Ce n’est pas une grippette, il peut donner des formes graves sur des personnes pas si âgées que ça », a prévenu Jérôme Salomon.

Face à la progression du virus, les autorités font appel aux volontaires de la réserve sanitaire, pour renforcer les personnels de santé, « y compris des étudiants en médecine ». Par un communiqué de leurs ordres respectifs, médecins et infirmiers sont également conviés à rejoindre la réserve sanitaire pour lutter contre l’épidémie. Sont concernés les professionnels en retraite depuis moins de cinq ans ou disponibles suite à une cessation d’activité.

Mesures de protection renforcées autour du Président

Progressivement le virus se rapproche du sommet de l’Etat avec un ministre contaminé (Franck Riester, Culture) et confiné chez lui. Un test mené sur sa collègue de la Justice Nicole Belloubet s’est en revanche révélé négatif. L’Elysée a d’ailleurs nettement renforcé les mesures de protection autour du Président et de ses collaborateurs, en limitant visites et réunions. Environ 1.000 tests de dépistage du coronavirus sont pratiqués chaque jour, a précisé le ministère de la Santé. Pour augmenter les capacités, le gouvernement a autorisé par arrêté, dimanche, les laboratoires de ville à faire des tests.

Le syndicat des biologistes a d’ailleurs réclamé des « masques de protection FFP2, mais aussi des masques chirurgicaux indispensables pour prendre en charge les patients à risque » et qui font défaut aux établissements. Pour freiner au maximum la propagation du virus, outre la fermeture des écoles dans les régions les plus touchées depuis lundi, et pendant deux semaines, tous les rassemblements de plus de 1.000 personnes sont interdits en France jusqu’au 15 avril, en plein air comme en milieu clos.