Accident de car de Puisseguin : L'instruction terminée sans mise en examen

ENQUETE L’accident routier de Puisseguin est le deuxième plus meurtrier en France après celui de Beaune, dans lequel ont péri 53 personnes

20 Minutes avec AFP

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43 personnes ont perdu la vie dans l'accident du 23 octobre à Puisseguin. / AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH
43 personnes ont perdu la vie dans l'accident du 23 octobre à Puisseguin. / AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH — AFP

Aucune mise en examen. L’instruction sur la collision entre un camion et un car à Puisseguin (Gironde), s’est achevée et le magistrat instructeur n’a pas prononcé de mises en examen. « S’il n’y a pas de mise en examen c’est qu’on s’achemine vers un non-lieu, a réagi Marie Mescam, avocate de victimes et de leurs proches. On n’est pas allé au fond des choses, on est en train de nous dire, 43 personnes sont mortes et "c’est la faute à pas de chance". »

Cette étape procédurale ouvre un délai de trois mois durant lequel les parties et le parquet peuvent faire des observations, avant les réquisitions du ministère public puis la décision finale du juge d’instruction. Selon le procureur de la République de Libourne, Olivier Kern, cette étape procédurale « ne préjuge pas » de la teneur des réquisitions que prendra le parquet, avant la décision finale du juge d’instruction.

Sous le choc, le camion et l’autocar s’étaient immédiatement embrasés

L’accident routier de Puisseguin est le deuxième plus meurtrier en France après celui de Beaune (Côte-d’Or) en 1982, dans lequel avaient péri 53 personnes, pour la plupart des enfants. La collision mortelle s’était produite le 23 octobre 2015 à l’aube, dans un virage d’une route secondaire du vignoble de Saint-Emilion. Sous le choc, le camion et l’autocar, qui transportait 49 personnes, essentiellement des retraités partis en excursion pour la journée, s’étaient immédiatement embrasés.

La plupart des victimes étaient membres du club du troisième âge de Petit-Palais-et-Cornemps, une petite commune voisine de Puisseguin. Très peu mobiles, les victimes, âgées, avaient été piégées dans le car et avaient péri brûlées vives ou asphyxiées, Originaires de l’Orne, le conducteur du camion Cyril Aleixandre, 31 ans et son fils âgé de 3 ans qui voyageait avec lui, avaient aussi péri dans l’incendie. Seules huit personnes avaient survécu au dramatique accident, dont le chauffeur du car. Les réflexes de ce dernier avaient permis à plusieurs passagers de s’extirper du véhicule.

Un réservoir supplémentaire de gazole non homologué

Rapidement, l’enquête avait permis de déterminer qu’au moment de la collision le camion s’était « déporté sur la voie de gauche ». Elle avait également établi que l’embrasement soudain des véhicules avait été causé par une tige métallique qui se trouvait dans l’habitacle du camion. Elle avait éventré un réservoir additionnel de carburant, projetant du gasoil sous pression, lequel s’était enflammé.

En 2017, le bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) avait préconisé de renforcer les normes de construction des autocars, notamment la tenue des matériaux au feu. Dans son rapport, il attribuait la cause directe de l’accident à une perte de contrôle du poids-lourd entré en collision avec l’autocar. Il soulignait que le camion était équipé d’un réservoir supplémentaire de gazole non homologué et que les dispositifs de sortie de secours et de désenfumage du car étaient difficiles à actionner.