Abattoir Sobeval : Une enquête préliminaire ouverte pour « mauvais traitements envers les animaux »

MALTRAITANCE ANIMALE L’ouverture d’enquête intervient six jours après l’autorisation par la préfecture de la Dordogne d’une reprise « partielle » d’activité de l’abattoir de la Sobeval

20 Minutes avec AFP

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Un boucher dans un abattoir (image d'illustration).
Un boucher dans un abattoir (image d'illustration). — REMY GABALDA / AFP

Une enquête préliminaire pour mauvais traitements envers les animaux a été ordonnée par le procureur de la République de Périgueux à la suite de la plainte déposée en février par L214 visant la Sobeval, un abattoir de veaux de Boulazac. L’ouverture d’enquête, révélée par LCI et confirmée par le parquet de Périgueux, intervient six jours après l’autorisation par la préfecture de la Dordogne d’une reprise « partielle » d’activité de l’entreprise qui emploie 450 salariés et abat environ 3.400 veaux par semaine.

L’association de défense des animaux a salué, ce mardi, l’ouverture de cette enquête, « une bonne nouvelle qui montre que nous avons fourni assez d’éléments à la justice ». « Nous sommes plein d’espoir mais aussi de doute, la réponse judiciaire n’est souvent pas à la hauteur, on est encore sur des peines symboliques », a toutefois déclaré la coprésidente Brigitte Gothière.

L214 avait révélé des « infractions multiples »

Pour rappel, L214 avait diffusé le 20 février une vidéo, tournée en novembre-décembre dans l’abattoir, y révélant selon elle des « infractions multiples ». Elle y dénonçait, entre autres, des « étourdissements réalisés en violation de la réglementation », avec la tête des veaux pas totalement immobilisée, donc des « tirs mal ajustés », des animaux blessés mais conscients, et des « contrôles de l’inconscience et de l’insensibilité des veaux quasi inexistants ».

Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume avait huit jours plus tard suspendu l’agrément de l’abattoir dans l’attente de « mesures correctives ». Selon lui, une inspection diligentée avait mis en évidence des « dysfonctionnements » et des « problèmes de formation » des salariés. Dès le 4 mars, le préfet levait partiellement la suspension d'agrément, autorisant la Sobeval à reprendre son activité d’abattage conventionnel (70 % de son activité), sous réserve notamment « d’une supervision renforcée », par une vétérinaire nouvellement recrutée. La préfecture avait expliqué avoir donné une « évaluation favorable » aux « propositions d’amélioration » présentées par l’abattoir, et après un test qui avait « permis de vérifier que (…) l’abattage respectait pleinement la réglementation en matière de protection animale ».

« Impossible d’avoir pallié (les) défauts de structure en trois jours »

Cette reprise a scandalisé L214, qui estimait qu'« en trois jours, il est impossible d’avoir pallié (les) défauts de structure et de formation du personnel ». Elle a accusé les pouvoir publics d’avoir cédé à « la pression des syndicats et autres intérêts économiques privés ». La veille, du fumier et du lisier avaient été déposés devant la préfecture de Périgueux, par une centaine d’éleveurs, en soutien de la Sobeval.

A noter qu’une reprise complète d’activité de Sobeval reste conditionnée à une nouvelle évaluation, mi-mars, qui devra établir si « toutes les garanties sont apportées » pour l’abattage rituel (casher et halal). La direction de l’abattoir, propriété du groupe Van Drie, n’a pas souhaité commenter.