Lot-et-Garonne : Le plan des autorités pour sortir de la crise sur le lac de Caussade

AGRICULTURE Les autorités veulent sortir de la crise sur le dossier du lac de Caussade, cette retenue d’eau creusée par des agriculteurs, pour leur servir de source d’irrigation l’été

20 Minutes avec AFP

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Illustration sécheresse
Illustration sécheresse — G. Varela / 20 Minutes
  • Sujet de discorde depuis deux ans, ce lac a été creusé par des agricultueurs pour réguler le débit du Tolzac, un affluent de la Garonne.
  • La préfecture, qui avait d'abord donné son feu vert, a ensuite retiré son autorisation.
  • Les agriculteurs ont bloqué l'accès à l'ouvrage lundi, alors que la préfecture menaçait de vidanger de force le barrage.

Vers une sortie de crise ? Les élus du Lot-et-Garonne et les autorités publiques ont proposé mardi un compromis sur le « lac de Caussade », qui permettrait aux agriculteurs d’utiliser cette retenue d’eau illégale comme source d’irrigation cet été, prélude au dépôt d’un nouveau dossier d’autorisation après la période sèche.

Ces « propositions » aux agriculteurs ont été élaborées lors d’une réunion à Paris des élus du département et de la préfète Béatrice Lagarde autour de la secrétaire d’Etat à la transition écologique Emmanuelle Wargon. Elles vont être présentées aux agriculteurs dans les prochains jours.

France Nature Environnement pas satisfait des propositions

« Cela nous va parce que le lac ne sera pas vidangé comme les autorités voulaient le faire », a déclaré à l’AFP Pascal Béteille, président de la Coordination rurale 47 à l’origine d’un rassemblement lundi au lac de Caussade.

En revanche, France nature environnement, opposé au plan d’eau, « ne voit pas là un compromis » : « Les agriculteurs ont l’eau, ils ont fait un truc illégal (…) et derrière ils ouvrent la voie à une régularisation », a dit à l’AFP le président Jean-David Abel. Ne pas vidanger le lac, « c’est un premier recul par rapport à la sécurité (…) avec 70 habitations en aval ».

Une retenue d’eau autorisée puis interdite

Sujet de discorde depuis deux ans, ce « lac » situé à une vingtaine de kilomètres de Villeneuve-sur-Lot, a été creusé par des agriculteurs locaux, avec le soutien de la Chambre d’agriculture départementale, pour réguler le débit du Tolzac, un affluent direct de la Garonne, et irriguer les 350 hectares de 40 exploitations agricoles. Une retenue d’eau défendue bec et ongles par les agriculteurs, qui disent jouer la survie de leurs exploitations menacées par les sécheresses récurrentes.

La préfecture avait donné son feu vert aux travaux en juin 2018 avant de retirer son autorisation en octobre après intervention des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique. La justice administrative avait constaté en mars 2019 l’illégalité des travaux menés par les agriculteurs. La préfète du Lot-et-Garonne avait signé deux mois plus tard un arrêté exigeant la cessation des travaux et de la mise en eaux ainsi que la destruction de l’ouvrage et la remise en l’état du site.

Un « processus de concertation » avait été mis en place en juin : la chambre d’agriculture devait faire effectuer un audit sur ce barrage, en laissant entre-temps les vannes ouvertes, puis présenter un nouveau dossier d’autorisation tenant compte des observations de l’audit.

Un ouvrage qui n’a « pas été réalisé dans les règles de l’art »

Mais fin février, la préfète du Lot-et-Garonne a constaté que le lac continuait de se remplir et que l’audit avait conclu que l’ouvrage n’avait « pas été réalisé dans les règles de l’art », avec un risque de rupture « avéré ».

Elle avait donné huit jours aux agriculteurs pour faire baisser le niveau, menaçant d’une intervention des forces de l’ordre pour vidanger de force le barrage. Les agriculteurs avaient alors bloqué lundi les accès de l’ouvrage avec leurs tracteurs.

Une vidange complète avant travaux

Le compromis proposé mardi passe par plusieurs étapes : agriculteurs et autorités vont devoir s’entendre sur un niveau du lac (dont la profondeur a dépassé les 5 mètres) compatible avec la sécurité et les besoins d’irrigation, un niveau qui sera placé sous surveillance. « A la moindre alerte, les services de l’Etat interviendront », a dit Béatrice Lagarde. Puis vers octobre, il sera procédé à « une vidange complète » qui permettra de voir quels travaux de consolidation sont nécessaires, avant le dépôt d’un nouveau dossier d’autorisation.

Cette fois-ci, les élus du département se sont impliqués dans le processus. « C’est le meilleur chemin pour sortir tous la tête haute », a commenté Michel Lauzzana, député LREM.