Nantes : Plus de 15.000 personnes à la course Odysséa malgré le coronavirus, « on ne va pas s’arrêter de vivre »

EPIDEMIE La manifestation sportive a été maintenue et a battu son record de fréquentation, ce dimanche matin, malgré l’épidémie de coronavirus

Julie Urbach
— 
L'échauffement de la course Odysséa à Nantes, le 8 mars 2020
L'échauffement de la course Odysséa à Nantes, le 8 mars 2020 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Environ 15.500 participants s'étaient inscrits à la course Odysséa de Nantes, ce dimanche matin.
  • Si la majorité d'entre eux semblait sereins, chacun avait pris ses précautions.

Du podium, la vue est impressionnante. Ce dimanche matin, une immense foule s’est rassemblée cours Saint-Pierre à Nantes au départ de la 14e édition de la course Odysséa. Selon les organisateurs, quelque 15.500 participants, un record, s’étaient inscrits à cette manifestation sportive qui se mobilise chaque année pour la lutte contre le cancer du sein. « Coronavirus ou pas, on ne va pas s’arrêter de vivre », lance Julie, 28 ans, après avoir bouclé le circuit de 10 km.

Alors que les rassemblements de plus de 5.000 personnes en milieu clos sont interdits jusqu’à mi-avril, en raison de l’épidémie de Covid 19, cet événement en plein air a quant à lui été maintenu. « Toute la semaine, on a été en lien étroit avec la préfecture, assurent les organisateurs. Contrairement aux marathons, où les gens viennent de partout voire de l’étranger, 97 % des inscrits à Odysséa habitent la Loire-Atlantique, qui n’est pas un cluster de la maladie [dimanche, huit cas avaient été confirmés, 25 au total en Pays-de-la-Loire]. Il a par contre été conseillé à la cinquantaine de participants et de bénévoles qui devaient venir du Morbihan de rester chez eux. »



Gel hydroalcoolique, gants, et motivation

Au village départ, et alors que la pluie ne cesse de tomber, trois fontaines à eau, équipées de savon, ont été installées pour l’occasion. Et si la majorité des participants que nous avons croisés semblent sereins, chacun a pris ses précautions. Comme ces copines aux cheveux blancs, qui se préparent à affronter les 5 km marche, alors que la foule de sportifs à t-shirts rose se densifie à l’approche du départ. « Moi, j’ai mis mes gants avant de monter dans le tram, et je ne les enlèverai pas jusqu’à ce que je sois rentrée chez moi », rapporte l’une d’entre elles. « J’ai apporté mon petit flacon, ça suffira », estime une autre, qui recouvre ses mains de gel hydroalcoolique et se frotte minutieusement les doigts.

Un peu plus loin, Corinne, 49 ans, n’est pas rassurée du tout. « Honnêtement, j’aurais préféré que ce soit annulé, confie-t-elle. Par peur du virus, je ne vais plus à la salle donc je ne me suis pas bien préparée à la course. Mon mari m’a convaincue de venir mais je ne voulais pas croiser du monde, que ce soit ici ou dans les transports en commun… »

Selon les organisateurs, très peu d’annulations ont été signalées, alors que la course solidaire affichait complet il y a déjà trois semaines. Il faut dire que pour certains, la motivation semble plus forte que tout. « C’était important pour nous d’être là, raconte Anne-Laure, qui s’est élancée pour 5 km avec ses trois enfants Fanny, Lisa et Malo. Moi ça y est, je suis en rémission. Reprendre le sport et participer à Odysséa, c’était mon challenge pour montrer que je suis guérie. »