« Gilets jaunes » : Tensions lors de « l’acte 69 » organisé à Lyon

MANIF Des appels avaient été lancés afin de donner au rassemblement lyonnais une envergure nationale, en référence au numéro du département

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation de gilets jaunes à Lyon en décembre dernier. (illustration)
Une manifestation de gilets jaunes à Lyon en décembre dernier. (illustration) — OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

Des tensions ont émaillé samedi une manifestation des « gilets jaunes » à Lyon, qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes place Bellecour. Peu après le départ du cortège, qui se dirigeait vers les quais du Rhône, les forces de l’ordre ont avancé leur véhicule lance à eau pour empêcher les manifestants de progresser.

Pour ce 69e samedi de mobilisation, des appels avaient été lancés sur des tracts et les réseaux sociaux afin de donner au rassemblement lyonnais une envergure nationale, en référence au numéro du département du Rhône (69).

Plusieurs blessés

Selon la préfecture, 24 policiers ont été blessés, notamment par des jets de pavé. Côté manifestants, un « Comité de liaison contre les violences policières » a recensé 20 blessés, en se basant sur des informations de « street medics » (des secouristes de manifestations). Les autorités n’avaient connaissance que de trois cas.

Un adolescent de 16 ans a subi une double fracture de la mâchoire d’un tir de LBD, a indiqué son père à l’Agence France-Presse (AFP), qui a critiqué l’attitude des forces de l’ordre qui ont gêné, a-t-il affirmé, l’arrivée des secours. Il compte porter plainte. Sept personnes ont par ailleurs été interpellées, toujours selon la préfecture.

Cible de projectiles, notamment de nombreuses bouteilles en verre, les CRS ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et fait usage de la lance à eau au milieu des badauds qui se promenaient dans le cœur du centre-ville.

« On joue notre vie »

Chez les manifestants, certains semblaient prêts à en découdre comme l’un d’entre eux, très remonté, lançant à des jeunes qui filmaient la scène : « Venez avec nous, on va faire chauffer ». D’autres, irréductibles « gilets jaunes », qui continuent de se mobiliser chaque samedi, préféraient s’éloigner, retirer leurs gilets et parler du fond.

« En ce moment, on joue notre vie. On ne peut pas laisser le gouvernement faire des choses comme ça. La réforme de l’assurance-chômage en avril. Et quand il aura fini avec les retraites, ce sera la Sécu », prédit Louis, venu de Valence avec deux autres manifestants. « Les municipales sont une échéance importante. Déjà c’est toujours important les élus qu’on a. Et ensuite, ça fait les grands électeurs et le Sénat va changer de bord parce qu’ils vont prendre une déculottée » lors des prochaines sénatoriales en septembre, avance-t-il.

Comme depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », la presqu’île de Lyon et ses rues commerçantes font l’objet les samedis d’un périmètre d’interdiction de manifester.