Affaire Barbarin : Quel avenir pour le diocèse de Lyon après la démission du cardinal ?

EGLISE Le nom du successeur du cardinal Barbarin ne devrait pas être connu avant au moins deux mois

Caroline Girardon

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Le Pape François a accepté le 6 mars la démission du cardinal Barbarin, un an après avoir refusé la première
Le Pape François a accepté le 6 mars la démission du cardinal Barbarin, un an après avoir refusé la première — HO / VATICAN MEDIA / AFP
  • Vendredi, le pape a accepté la démission du cardinal Barbarin
  • Le nom de son sucesseur ne devrait pas être connu avant au moins deux mois.
  • L'avenir du primat des gaules pourrait désormais s'inscrire en dehors de la France. 

Cette fois, le cardinal Barbarin pourra quitter le diocèse de Lyon officiellement. Même si l’archevêque de Lyon s’est déjà éloigné depuis quelques mois de la colline de Fourvière. Vendredi, le pape a fini par accepter sa démission. Une démission qui lui avait été remise à nouveau le 30 janvier après sa relaxe par la cour d'appel de Lyon pour non-dénonciations d’agressions sexuelles commises sur mineurs.

Une messe solennelle « d’adieux » sera tenue le 15 mai à la primatiale Saint-Jean en la présence du cardinal. Ensuite, il sera temps de lui trouver un successeur. « Cette nomination ne devrait pas intervenir avant deux mois, peut-être plus », explique Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon qui se prête aux jeux des pronostics. « En toute vraisemblance, on devrait avoir une personne plus âgée, un peu sage pour assurer la transition », prédit-il. Un profil capable de trancher nettement avec celui de Philippe Barbarin, nommé à l’âge de 52 à la tête du diocèse de Lyon. Et de s’installer moins longtemps dans le siège de Primat des Gaules.

Un avenir hors de France ?

« Les "papabile" ne sont, en général, pas pape. Alors, on peut penser que toutes les possibilités sont ouvertes concernant la succession du cardinal Barbarin, poursuit Mgr Gobilliard. De toute façon, personne n’est candidat. Ce genre de chose se décide au Vatican, après une enquête menée au niveau du diocèse comme cela se fait pour chaque diocèse de France. C’est le Nonce apostolique qui est chargé de présenter les candidats potentiels en fonction de leurs personnalités, de leur parcours et en fonction de ceux qu’ils peuvent apporter au diocèse de Lyon ».

En attendant de connaître l’identité du futur cardinal de Lyon et la date de son installation, Monseigneur Dubost, nommé administrateur apostolique du diocèse de Lyon depuis le retrait du cardinal, continuera de gérer les affaires quotidiennes. Quant à l’avenir du prélat, il ne s’inscrira probablement plus en France.

« Si le pape me propose quelque chose, je dirai oui. S’il ne me demande rien, j’irai rendre service quelque part, dans une paroisse ou un sanctuaire comme tous les évêques émérites », glisse l’intéressé à KTO. Peut-être retourner sur l’île de Madagascar comme il a pu en rêver. A moins que le pape ne l’appelle auprès de lui pour servir cette fois-ci du côté du Vatican.