Cyberharcèlement: Peine alourdie en appel pour un homme qui avait menacé la journaliste Nadia Daam

JUSTICE La cour d’appel de Paris l’a condamné à six mois de prison avec sursis et 1.500 € d’amende pour avoir menacé de viol la journaliste Nadia Daam sur le forum « Blabla 18-25 ans »

20 Minutes avec AFP
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La chroniqueuse Nadia Daam sur Europe 1 ce mercredi 1er novembre 2017.
La chroniqueuse Nadia Daam sur Europe 1 ce mercredi 1er novembre 2017. — Capture d'écran/Dailymotion

La cour d’appel de Paris a condamné mardi un homme à six mois de prison avec sursis et 1.500 euros d’amende pour avoir menacé de viol la journaliste Nadia Daam, victime de cyber-harcèlement après  une chronique en 2017.

Cet homme avait publié un message au contenu violent sur le sulfureux forum «Blabla 18-25 ans» du site jeuxvideo.com

Six mois avec sursis en prime

La cour a alourdi de l’amende les six mois avec sursis prononcés en première instance, en juillet 2018. Le prévenu devra payer au total 3.000 € de dommages et intérêts à la journaliste.

Lors du premier procès, le prévenu avait expliqué avoir « posté » son message « en deux ou trois secondes », en jouant à un jeu vidéo. « C’était amusant pour la galerie. (…) C’était juste une image », avait assuré ce trentenaire.

Un deuxième homme, condamné en 2018 à la même peine de six mois avec sursis pour menace de mort, n’avait pas fait appel.

La journaliste de 41 ans avait été victime d’une vaste campagne de cyberharcèlement après une chronique sur Europe 1 début novembre 2017, où elle dénonçait une campagne de haine sur le forum « 18-25 ans » contre deux militants féministes.

« Poubelle à déchets non recyclables d’internet »

Nadia Daam qualifiait ce forum de « poubelle à déchets non recyclables d’Internet ». « A ce stade de bêtise crasse et de malveillance, il faudrait que les membres de ce forum pensent à léguer leur cerveau à la science », disait-elle.

Dans la foulée, elle était devenue à son tour la cible d’une violente campagne de cyberharcèlement, avec menaces de mort et de viol contre elle et sa fille, diffusion de leurs photos et adresse… Des individus étaient également venus frapper à la porte de son appartement en pleine nuit. Elle avait dû déménager, et sa fille changer de collège.

« Ça montre que le cyberharcèlement ce n’est pas virtuel »

Son avocat, Eric Morain, a salué « une belle décision ». « Ça montre que le cyberharcèlement ce n’est pas virtuel : cette décision, c’est un peu la revanche du réel », s’est-il réjoui.

Sur les sept cyberharceleurs identifiés à l’époque, outre les deux jugés à Paris, un a été condamné à Rennes et a fait appel, un autre a plaidé coupable et trois ont écopé de rappels à la loi, selon l’avocat.