Coronavirus : Comment Lourdes et ses pèlerins se préparent face à l’épidémie

SOCIETE Alors que la saison de pèlerinage débute dans un mois à Lourdes, avec des visiteurs du monde entier, la cité mariale doit composer avec l’épidémie de coronavirus, même si aucun cas n’a encore été recensé dans les Hautes-Pyrénées

Nicolas Stival

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Le sanctuaire de Lourdes le 26 avril 2019 pendant la semaine pascale
Le sanctuaire de Lourdes le 26 avril 2019 pendant la semaine pascale — H. Menal / 20 Minutes
  • A Lourdes, la haute saison débute début avril. Si des Franciliens ont confirmé leur venue, un organisme anglais a déjà annulé son pèlerinage de Pâques, en raison de l’épidémie de coronavirus.
  • Particulièrement nombreux dans la cité mariale, des pèlerins italiens ont aussi reporté leur visite.
  • Une réunion est prévue jeudi entre la mairie, le sanctuaire, la préfecture des Hautes-Pyrénées et l’ARS Occitanie pour faire un point sur la situation.

Dès l’annonce du passage de la France au stade 2 de l’épidémie de coronavirus, samedi, le sanctuaire de Lourdes a réagi via un communiqué. Avec le message suivant : « non, la saison des pèlerinages n’est pas remise en question » dans la petite ville des Hautes-Pyrénées. Celle-ci doit démarrer le dimanche des Rameaux, le 5 avril, pour s’étirer jusqu’à fin octobre.

Forcément, avec une situation aussi volatile, impossible de savoir de quoi 2020 sera fait pour la cité mariale. La saison dernière, 1,2 million de personnes, pour ne parler que des participants aux pèlerinages organisés, étaient venues de toute la planète jusqu’à la grotte de Massabielle, où la Vierge serait apparue à la jeune bergère Bernadette Soubirous en 1858.

« Nous sommes en lien direct et quotidien avec les 700 organisations de pèlerinages, françaises comme étrangères », explique-on au service communication du sanctuaire, qui indique avoir simplement reçu « quelques coups de fil » au sujet du coronavirus. Sur son site Internet, une foire aux questions a été publiée pour informer et rassurer. Une cellule de veille a été créée, tout comme à la mairie de Lourdes depuis la semaine dernière. Dans les deux cas, le message est clair : de la vigilance, mais pas de panique.

Dimanche, l’organisation britannique HCPT a toutefois été la première à annuler son pèlerinage prévu à Pâques. Mais mardi, le Frat, rassemblement annuel de jeunes chrétiens d’Ile-de-France, a confirmé qu’il maintenait pour l’heure le sien, début avril. Le sanctuaire a aussitôt relayé la bonne nouvelle sur ses réseaux sociaux.

La fin de la saison sans doute repoussée

Reste l’épineux dossier des Italiens, qui représentent 20 % des pèlerins de Lourdes, soit la première nationalité étrangère (il y a 47 % de Français). Leur pays est le plus touché d’Europe par le coronavirus. « Les pèlerinages italiens ont été décalés, ils ne viendront qu’à partir de mai, informe le sanctuaire. Nous allons probablement repousser la fin de la saison, fixée le 20 octobre, pour que tout le monde puisse venir. »

Le sanctuaire est en liaison régulière avec la préfecture des Hautes-Pyrénées, l’agence régionale de santé (ARS Occitanie) et la mairie. Une réunion est d’ailleurs programmée ce jeudi entre les différentes entités pour faire le point sur la situation. Du côté de la cellule de veille de l’hôtel de ville, on indique avoir pris les précautions pour protéger visiteurs comme agents municipaux, si des malades du coronavirus sont détectés : « Si un cas est avéré, on peut s’attendre à des mesures de confinement, avec l’intervention soit des gendarmes, soit de la police nationale, soit de la police municipale ».

Les piscines où s’immergent les malades sont fermées

Au-delà de la situation sanitaire, le sujet est sensible sur le plan économique pour la deuxième cité hôtelière de France (environ 22.000 lits pour 14.300 habitants), forcément très sensible aux remous du monde. En 2019, la grotte de Massabielle avait enfin connu une hausse de fréquentation après dix années de baisse, marquées par les terribles inondations de 2013 et les répercussions des attentats de 2015.

Pendant que les responsables phosphorent, du côté du sanctuaire, les visiteurs présents en cette basse saison agissent comme d’habitude, à quelques exceptions près. Comme partout dans le pays, les bénitiers sont vides. Mais les piscines où s'immergent les pèlerins le sont aussi, pour éviter les contacts nés de la promiscuité. A Lourdes comme ailleurs, on tente de se préparer au mieux, en appliquant les consignes de l’Etat, sans savoir ce qui va se passer demain.

Un message de soutien envoyé à l’ambassadrice d’Italie

Et on n’oublie pas les « amis » en souffrance, à l’image de ce vœu du conseil municipal pour soutenir les voisins transalpins. « Les Italiens et la ville entretiennent depuis plus d’un siècle des liens privilégiés, rappelle Jean-Christophe Borde, directeur de cabinet de la maire Josette Bourdeu (PRG). Le courrier doit être envoyé ce mercredi à l’ambassadrice en France. »