« Gilets jaunes » : Un manifestant étranglé par un policier ? Retour sur une photo virale

FAKE OFF La photo d’un policier tenant un homme par le cou est devenue virale sur les réseaux sociaux

Alexis Orsini

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La photo prise à Saint-Etienne le 29 février 2020 et devenue virale.
La photo prise à Saint-Etienne le 29 février 2020 et devenue virale. — Anaïs Samson
  • Sur Twitter comme sur Facebook, une photo est particulièrement relayée depuis le 1er mars. 
  • Elle montre un policier agenouillé sur un homme allongé à même le trottoir. L'agent entoure le cou de ce dernier de ses deux mains, comme s'il l'étranglait. 
  • La scène a bien eu lieu à Saint-Etienne (Loire), samedi 29 février, comme le confirment la photographe à l'origine de ces clichés et la police nationale à 20 Minutes

« Nouvelle technique d’interpellation de manifestants. "L’étranglement à deux mains" [à] Saint-Etienne [le] 29 février 2020 », « Hier à Saint-Étienne, la police a aidé un manifestant à mieux respirer »…

Sur Facebook et sur Twitter, plusieurs internautes ont fait le choix de l’ironie pour commenter une photo montrant une intervention policière : on y voit un homme allongé sur le dos, la tête à quelques centimètres seulement au-dessus du trottoir tandis qu’un policier agenouillé sur son torse serre ses deux mains autour de son cou.

Depuis sa mise en ligne, le 1er mars, le cliché suscite en tout cas de vives réactions puisqu’il a été partagé plus de 19.500 fois sur Facebook.

FAKE OFF

Cette interpellation a bien eu lieu à Saint-Etienne (Loire), samedi 29 février en milieu d'après-midi, lors de l’acte 68 des « gilets jaunes ». « D’habitude, je couvre un peu les manifestations mais ce jour-là je suis tombée dessus en sortant du centre commercial Centre 2, alors que je prenais le tram. Ce dernier a remonté le cortège avant de s’arrêter et que les portes ne s’ouvrent sans qu’on comprenne tout de suite pourquoi. En descendant, j’ai vu une voiture de police sur les rails », nous explique Anaïs, la photographe à l’origine du cliché devenu viral.

« Au début, l’interpellation du jeune homme s’est bien passée, il ne disait rien, mais au moment d’entrer dans la voiture, il s’est agité, il a eu un petit geste pour se débattre et c’est parti en vrille. Les deux policiers ont commencé à le tirer et il s’est retrouvé au sol », poursuit-elle.

D’autres photos prises à ce moment-là, que 20 Minutes a pu consulter, montrent bien deux policiers mettre l’homme au sol, sur le dos. « Après, il s’est retrouvé seul avec l’un des deux policiers, qui lui a donné des coups de poing et lui a serré la gorge à deux mains en lui disant "tu vas voir". Ca n’a pas duré longtemps, car les gens autour ont commencé à hurler. L'autre policier est revenu et a essayé de calmer son collègue. Tous les policiers qui s’étaient éloignés sont revenus également et ont temporisé, ils ont demandé au petit groupe qui s’était attroupé de s’éloigner en disant que c’était "quelque chose qui arrive" », raconte Anaïs.

Interpellé et placé en garde à vue

« Le Gueuloir », un journal indépendant et militant local, nous indique pour sa part qu’environ 200 personnes étaient présentes à cette manifestation, qui s’est tendue lors du passage à proximité du Centre 2, que les forces de l’ordre ont cherché à protéger. « Les policiers n’étaient pas en grand nombre, mais certains étaient très virulents », nous indique en outre le média.

Contacté par 20 Minutes, le Service d’information et de communication de la police nationale (Sicop) indique ne « pas pouvoir commenter la technique d’interpellation sur la base d’une image fixe ». Il nous confirme toutefois que l’homme en question a été interpellé « à 16h40 pendant la manifestation de "gilets jaunes" pour outrage et rébellion, des faits qu’il a reconnu, et qui lui ont valu une garde à vue » qui était toujours en cours ce lundi 2 mars. « Son outrage était caractérisé par ses crachats et ses insultes sur les policiers à leur passage », ajoute le Sicop.