Coronavirus : Comment s’organisent les cours en ligne pour les élèves ?

EDUCATION Le ministère de l’Education nationale a présenté début mars le dispositif prévu pour assurer la continuité pédagogique en cas de fermeture des établissements scolaires

Delphine Bancaud

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Un écriteau précise la fermeture d'un lycée le 2 mars 2020 pour éviter la propagation du coronavirus.
Un écriteau précise la fermeture d'un lycée le 2 mars 2020 pour éviter la propagation du coronavirus. — Damien MEYER / AFP
  • Pour les élèves qui ne peuvent retourner en classe à cause des risques de contagion au coronavirus, une « continuité pédagogique » est mise en place.
  • Une plateforme pédagogique gratuite du Cned, baptisée « Ma classe à la maison », offre la possibilité de tenir des classes virtuelles, de la grande section de maternelle à la terminale.
  • Mais ce dispositif pédagogique pose quelques questions, car certains élèves pourraient rencontrer des problèmes de connexion et tous ne bénéficieront pas d’un accompagnement parental.

EDIT : Article mis à jour après les annonces du président de la République du 12 mars. 

Pas question de laisser les élèves faire l’école buissonnière en raison du coronavirus. Le ministère de l’Education a prévu un dispositif spécial pour les enfants empêchés de venir en classe alors qu'Emmanuel Macron a annoncé le 12 mars la fermeture des établissements scolaires jusqu'à nouvel ordre.

Un dispositif de continuité pédagogique est alors prévu. « Il s’agit pour le ou les enseignants de l’élève de lui communiquer les cours et les travaux à faire à la maison, via la messagerie électronique ou l’espace numérique de travail. Et ce, afin d’assurer une continuité d’apprentissage », a indiqué Edouard Jeffray, directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) lundi 2 mars, en présentant le dispositif. Un service rendu possible par la plateforme pédagogique du Centre national d’enseignement à distance (Cned) « Ma classe à la maison », disponible de la grande section de maternelle jusqu’au bac. 

En quoi consiste cet enseignement virtuel ?

Le chef d’établissement envoie une URL par mail aux familles afin que l’élève puisse se connecter à la plateforme. S’il est en maternelle ou en primaire, la présence d’un adulte est requise au côté de l’enfant, pour l’aider à se connecter et à naviguer sur la plateforme. « Environ 3 ou 4 heures d’activités par jour dans différentes matières. Un collégien de 5e planchera par exemple un jour sur les maths, le français et la physique. Au début de chaque activité, un quiz va permettre de tester le niveau de l’élève dans le domaine abordé », explique Jean-Michel Leclerc, directeur de cabinet au Cned. En fonction, un parcours va lui être donné, vert (niveau simple) ou rouge (plus élaboré). Exemple : une session concernant la BD et ses caractéristiques. Après avoir découvert des extraits de Tintin d’Hergé, l’élève répond à des questions sur le lieu de l’action, les personnages, le danger affronté par Tintin. « S’il se trompe, la plateforme va l’inviter à vérifier ses réponses jusqu’à ce qu’il réponde correctement », indique Jean-Michel Leclerc. « En maths, il aura des exercices de calcul mental à faire, ou pourra regarder une vidéo pour apprendre à simplifier l’écriture fractionnaire avant de s’exercer », poursuit-il.

Mais à côté de ces activités à faire en autonomie, « une continuité du lien humain va être assurée via un dispositif de classe virtuelle », précise Edouard Jeffray. Ces plages sont planifiées par les chefs d’établissement. « L’élève peut demander la parole à son enseignant, qui va alors lui ouvrir son micro. L’enseignant peut aussi interroger des élèves. Autre fonctionnalité : le partage d’un tableau blanc avec la possibilité pour l’enseignant de dessiner, d’intégrer des formes, du texte », décrit Jean-Michel Leclerc. Un dispositif qui a déjà fait ses preuves, puisque le Cned l’utilise quotidiennement avec ses 75.000 élèves.

Les enseignants ont-ils été formés à l’enseignement à distance ?

« Pour les classes virtuelles, on a mis en place une formation à distance pour les enseignants qui veulent se familiariser avec le dispositif », indique Michel Reverchon-Billot, directeur général du Cned. Et selon lui, les enseignants n’ont pas à avoir peur des bugs techniques : « On a calibré la plateforme pour 6 millions de connexions simultanées », rassure-t-il, sachant que la France comptabilise 12 millions d’élèves de la maternelle au lycée.

Quelles sont les limites de cet enseignement à distance ?

La plateforme « Ma classe à la maison » est accessible via un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Sans qu’il y ait besoin d’installer un logiciel. Même si la majorité des foyers sont équipés d’au moins un de ces appareils, il n’est pas exclu que certains en soient privés ou qu’ils ne disposent pas de connexion internet.

On peut aussi s’interroger sur l’efficacité pédagogique du dispositif pour tous les élèves, « car c’est plus compliqué de travailler quand on est seul », reconnaît Michel Reverchon-Billot. Et les professeurs n’ont pas la possibilité de leur imposer le suivi de ces cours en ligne. Autre souci : tous les enfants ne bénéficieront pas de l’aide d’un adulte. Et à l’inverse, certains parents pourraient avoir la tentation de répondre aux exercices à la place de leur enfant.