Coronavirus : Les modalités pour annuler son voyage

ÉPIDÉMIE Les touristes qui avaient prévu de séjourner dans une zone touchée par l'épidémie de coronavirus peuvent reporter ou annuler sans frais, s'ils sont passés par un voyagiste

20 Minutes avec agences

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Un homme tient un enfant dans les bras, tous les deux portant un masque pour se protéger de l'épidémie de coronavirus
Un homme tient un enfant dans les bras, tous les deux portant un masque pour se protéger de l'épidémie de coronavirus — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

« Si l’on a acheté un séjour (transport et hôtel), l’article L211-14 du Code du tourisme permet au consommateur d’annuler avant le départ sans aucun frais lorsque des circonstances exceptionnelles, sur le lieu de destination ou à proximité, ont des conséquences importantes sur l’exécution du contrat », explique Raphaël Bartlomé, responsable du service juridique à l’UFC-Que choisir. Toutefois, cette disposition entrée en vigueur en juillet 2018 « ne donne pas de mode d’emploi sur la façon d’appréhender le caractère risqué ou pas d’une destination », décrypte le secrétaire général de la Médiation Tourisme et Voyage, Khalid El Wardi.

En cas d’épidémie, comme le nouveau coronavirus, « il est extrêmement délicat de juger, dans une situation mouvante, quelle est la zone de "proximité immédiate" » permettant d’annuler ou de reporter son voyage sans frais, explique-t-il. Il faudra regarder au cas par cas et voir si la demande est raisonnable à la date demandée. De même pour la destination : « Si je vais dans le talon de la botte de l’Italie, il n’y a pas de risque, mais si je vais dans la zone (touchée de Lombardie et Vénétie), je peux soulever cette hypothèse et être remboursé sans aucun frais », précise Raphaël Bartlomé.

Achat d’un vol ou d’un hébergement

Le voyageur qui a pris un billet de train ou d’avion, ou encore réservé un hôtel sera dépendant de la politique commerciale de chaque professionnel. Si le contrat n’est pas modifiable, annulable ni remboursable « sans de fortes pénalités, comme c’est malheureusement de plus en plus le cas », souligne le responsable du service juridique à l’UFC-Que choisir, « que j’aille en Chine ou dans une zone où il y a une propagation du virus ne permet pas d’obtenir l’annulation sans frais ».

Le voyageur peut essayer de négocier avec l’hôtelier, qui pourra accepter de reporter ses nuitées ou « refuser et facturer tout ou partie de ce qui a été payé, au titre de pénalités ». Quant aux assurances annulation et aux cartes de crédit qui en incluent, « il faut vérifier les contrats, mais la plupart du temps on va trouver des exclusions de prise en charge en cas de phénomènes naturels, guerre civile, manifestations et pandémies », indique-t-il. « La plupart ne vont pas couvrir ces hypothèses-là. »

En cas de suspension aérienne

Le voyageur doit s’adresser à sa compagnie aérienne, avec une situation qui évolue de jour en jour. Air France a suspendu ses vols vers Pékin, Shanghai et Wuhan depuis le 30 janvier, et prévoit une reprise progressive à partir du 29 mars, avec un retour à la normale à partir du 13 avril. Ses passagers ont donc pu annuler ou reporter leurs vols sans frais.

Concernant l’Italie, la compagnie indique que les passagers ayant un billet émis jusqu’au 25 février 2020 pour un vol Air France au départ ou à destination de l’Italie du Nord, Milan-Malpensa et Milan-Linate, Venise, Bologne et Turin entre le 25 février et le 15 mars 2020 peuvent reporter ce voyage sans frais jusqu’au 3 avril 2020 inclus. Il leur est également possible de changer de destination ou de ville de départ, ou encore d’annuler le voyage, contre un avoir non remboursable, valable un an.

Après un séjour dans une région touchée

« Si vous n’avez pas contracté la maladie, vous ne serez pas pris en charge ni rapatrié », précise Olivier Moustacakis, cofondateur du comparateur en ligne Assurland.com. « En revanche, si vous êtes malade, l’assurance rapatriement peut prendre en charge bien évidemment le rapatriement ».

Prendre une assurance voyage rapatriement, qui n’est « pas onéreuse », peut-être « franchement indispensable si vous partez dans des pays où les frais médicaux sont prohibitifs, comme les États-Unis, le Japon », souligne-t-il.