Coronavirus : Le nombre de cas en France double en 24 heures, l’épidémie « arrive »

PREPARATIFS Il y a 12 notamment nouveaux cas dans l'Oise et quatre en Haute-Savoie

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron et le ministre de la Santé Olivier Véran à l'hopital La Pitie-Salpetriere, le 27 février 2020, après le décès d'un patient touché par le coronavirus.
Emmanuel Macron et le ministre de la Santé Olivier Véran à l'hopital La Pitie-Salpetriere, le 27 février 2020, après le décès d'un patient touché par le coronavirus. — Stephane Lemouton-POOL/SIPA

C’est Emmanuel Macron qui l’a dit jeudi, « l’épidémie arrive ». Le bilan du coronavirus s’accélère en France, avec un total de 38 cas confirmés annoncé jeudi soir contre 18 la veille. Ce chiffre pourrait « évoluer » dans les prochaines heures, avertit le ministère de la Santé. Avec douze nouveaux cas liés entre eux dans l’Oise, un regroupement de quatre cas en Haute-Savoie, la France se rapproche d’une situation « à l’italienne » avec des chaînes de transmission du nouveau virus sur son territoire, même si « très peu de cas restent sans explication », ont insisté les autorités sanitaires.

« On a devant nous une crise, une épidémie qui arrive… On va devoir l’affronter au mieux, avec la vie qui continue. On sait que nous ne sommes qu’au début », avait averti jeudi matin Emmanuel Macron, en visite à l’hôpital parisien de La-Pitié-Salpêtrière, où un patient est décédé du coronavirus mercredi, avant de s’envoler pour un sommet franco-italien à Naples. Il « va y avoir une situation un peu à l’italienne » avec « des chaînes de transmission autochtones », a expliqué le président lors de cette visite le professeur Eric Caumes, chef de service des Maladies Infectieuses et Tropicales. Le voisin transalpin est le pays le plus touché d’Europe par le virus apparu en décembre en Chine, avec 650 cas positifs et 17 décès recensés.

Deux foyers dans l’Oise et la Haute-Savoie

La France, qui n’avait connu aucun nouveau cas depuis le 15 février, en a enregistré cinq entre mardi et mercredi. Parmi eux, deux habitants de l’Oise sans antécédent de voyage dans une zone à risque, dont l’un est décédé, faisaient craindre l’apparition de chaînes de transmission inexpliquées, signe d’un nouveau stade dans la progression du coronavirus en France.

Les investigations menées en urgence pour retracer leur parcours ont permis de mettre en évidence 12 nouveaux cas parmi leurs contacts professionnels ou familiaux, « qui semblent liés entre eux par une chaîne de contamination », a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran.

Par ailleurs, en Haute-Savoie, après la détection d’un Français de 64 ans de retour de Lombardie puis de sa femme, leur fille et un ami ont à leur tour été testés positifs et hospitalisés. Deux personnes hospitalisées dans un état grave « faisaient partie d’un groupe de 20 personnes qui s’est rendu en Egypte dans le cadre d’un voyage organisé », a ajouté le ministre.

Trois autres nouveaux cas ont été détectés grâce à la nouvelle consigne consistant à réaliser un test de dépistage sur les personnes hospitalisées avec des signes d’infection respiratoire grave non expliqués, même si elles n’ont pas voyagé dans une zone à risque ou eu de contact étroit avec un cas confirmé.

« Peu de nouveaux cas sans explication »

« Plusieurs investigations sont toujours en cours susceptibles de faire évoluer ce bilan d’ici demain soir », a prévenu Olivier Véran. A ce stade, « très peu de cas restent sans explication », a toutefois souligné le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

« L’épidémie est probable » mais « il n’y a lieu ni d’avoir peur ni d’être négligent », soulignait en début d’après-midi Edouard Philippe après avoir reçu les chefs de partis représentés au Parlement, les présidents de groupes parlementaires et les présidents d’assemblées.

Olivier Véran réunira vendredi, avec la ministre du Travail Muriel Pénicaud, les organisations syndicales et patronales « pour faire le point » sur le coronavirus et les « mesures à prendre dans les entreprises ».

L’opposition réunie par Edouard Philippe s’est montrée « solidaire » du gouvernement qui « fait le job », hormis Marine Le Pen qui a de nouveau pointé des « incohérences » dans la gestion de la crise et demandé que la France mette en place des « restrictions » aux frontières.