Plusieurs rassemblements contre les « répressions syndicales » ce jeudi en France

TRAVAIL Des militants se sont rassemblées à Paris, Marseille ou encore Toulouse pour soutenir les travailleurs syndiqués

20 Minutes avec AFP

— 

Gérald Le Corre, inspecteur du travail et responsable CGT, le 26 octobre 2019 à Rouen.
Gérald Le Corre, inspecteur du travail et responsable CGT, le 26 octobre 2019 à Rouen. — Robin Letellier/SIPA

Plusieurs rassemblements étaient organisés jeudi par la CGT et Solidaires en France, dont un devant le Conseil d’Etat à Paris où est étudiée une affaire opposant le ministère du Travail et un inspecteur du travail mandaté CGT.

Dans la capitale, une centaine de militants s’étaient rassemblés devant la plus haute autorité administrative pour soutenir Gérald Le Corre, inspecteur du travail et responsable des questions de santé au travail à la CGT de Seine-Maritime.

Un engagement « incompatible » avec son métier

Selon la CGT, la préfecture de la région Normandie l’a exclu en janvier 2019, à la demande du ministère du Travail, de son mandat de représentant au sein de deux instances interprofessionnelles (Observatoire du dialogue social et Comité régional d’orientation des conditions de travail de Normandie). L’argument : « il ne serait pas possible d’être inspecteur du travail et représentant CGT dans des instances interprofessionnelles car cela pourrait remettre en cause « l’impartialité du système d’inspection du travail » », précise la CGT dans un communiqué d’appel au rassemblement.

Mais cette décision d’exclusion a été suspendue par le tribunal administratif de Rouen en mars 2019. Le ministère du Travail a alors saisi le conseil d’Etat, lui demandant d’annuler cette décision et de rejeter les conclusions présentées en première instance, selon un document de la haute autorité, dont l’AFP a obtenu copie ce jeudi.

Rassemblement devant une crèche

Dans ses conclusions, le rapporteur public a « conclu au rejet du pourvoi » du ministère du Travail, a annoncé Gérald Le Corre, à la sortie de l’audience, sous les applaudissements des militants qui l’attendaient sous une pluie glaciale. La CGT et Gérald Le Corre lient le recours du ministère du Travail au fait qu’il a distribué des tracts « mettant en cause la responsabilité de l’Etat » après l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen en septembre. Ce tract indique : « Lubrizol coupable, Etat complice ».

Le conseil d’Etat a indiqué à l’AFP que la décision devrait intervenir d’ici trois semaines, précisant que l’avis du rapporteur était suivi « dans 90 % des cas ». Interrogé par l’AFP, le ministère du Travail n’a pas réagi dans l’immédiat. D’autres rassemblements étaient organisés dans le Val-d’Oise, devant une crèche où des militants syndicaux « subissent des pressions », a souligné une responsable de la CGT, Céline Verzeletti, de même qu’à Toulouse ou encore Marseille avec manifestation et meeting. Des arrêts de travail des dockers et travailleurs portuaires étaient aussi organisés, selon la CGT.