Interrogé sur les méthodes de l’abattoir Sobeval, le ministre de l’Agriculture arrache le micro d’un journaliste

COUP DE SANG Un journaliste de France 5 l’interrogeait sur le « double langage » de son ministère

L.Br.

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Didier Guillaume, le 24 février 2020 au Salon de l'Agriculture.
Didier Guillaume, le 24 février 2020 au Salon de l'Agriculture. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Echange musclé au Salon de l’agriculture. Mercredi, les questions d’un journaliste de France 5 sur l’abattoir Sobeval ont fortement agacé le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, qui a arraché le micro du reporteur, rapporte  LCI. Cet établissement a été mis en cause par une vidéo de l’association L214 sur ses méthodes d’abattage des veaux.

Mercredi, le journaliste Tancrède Bonora a demandé à plusieurs reprises au ministre de s’expliquer sur le « double langage » de son ministère sur l’abattoir. A ce moment de l’interview, Didier Guillaume perd son calme et arrache le micro des mains du journaliste, en répondant : « Je n’ai pas de double langage. » « Pourquoi vous m’arrachez le micro ? », répond le journaliste. « Vous me le mettez devant la bouche », se justifie Didier Guillaume en lui rendant l’appareil. « J’ai communiqué en fonction des informations qui m’étaient données. (…) Si on devait avoir de nouvelles informations, je les donnerais. Aujourd’hui je n’ai pas de souci », enchaîne le ministre, qui finit par s’en aller face aux questions du journaliste.

Des courriers envoyés par erreur

L214 a demandé jeudi dernier la fermeture de l’abattoir Sobeval en Dordogne, après diffusion d’une nouvelle vidéo montrant, selon elle, des infractions « multiples », notamment « des signes de conscience ou sensibilité » des animaux. Les autorités n’avaient de leur côté assuré n’avoir pas décelé de « non-conformité à la réglementation ».

L’association est revenue à la charge mardi matin, affirmant que des échanges de courriels internes au ministère de l’Agriculture, qui lui ont été adressés par erreur, montrent que les infractions « sont avérées ». L214 cite ainsi un courriel attribué à un fonctionnaire du ministère, qui écrit que les non-conformités sont « indéniables, voire majeures ». « Une enquête interne est en cours pour comprendre les motivations de ce mail », a réagi le ministère de l’Agriculture. « Le directeur général de l’alimentation, Bruno Ferreira, sur la base des rapports transmis par les services de la préfecture de Dordogne, confirme qu’aucun élément ne permet à ce jour d’affirmer la présence de telles non-conformités dans cet établissement », ajoute-t-il.