Coronavirus : « Depuis le début de la semaine, les parents sont plus inquiets », déclare Rodrigo Arenas, président de la FCPE

INTERVIEW Rodrigo Arenas, le président de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, réagit aux mesures de précautions prises par les autorités pour prévenir la contagion du virus dans les établissements

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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Un lycée parisien.
Un lycée parisien. — Jacques Witt
  • Alors qu’en enseignant de 60 ans d’un collège de Crépy-en-Valois (Oise) est mort, infecté par le nouveau coronavirus, l’inquiétude grandit parmi les parents d’élèves.
  • Rodrigo Arenas, le président de la FCPE, estime que tous les voyages scolaires en Italie, comme dans les autres zones à risques, doivent être annulés.
  • Et selon lui, assurer des cours à distance aux élèves confinés chez eux, comme le souhaite le gouvernement, risque d’être compliqué.

L’inquiétude monte dans les établissements après la mort ce mardi d’un enseignant de 60 ans d’un collège de Crépy-en-Valois (Oise), infecté par le nouveau coronavirus. En raison du délai d’incubation et d’apparition de la maladie, qui est de 14 jours au maximum, « seuls les parents, adultes et enfants, collègues ou parents d’élèves ayant été en contact avec cette personne et dont les symptômes – fièvre, toux, difficultés respiratoires – ont débuté entre le 12 février et le 25 février inclus sont invités à se manifester auprès du 15 », a indiqué le responsable de l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France, lors d’une conférence de presse à la préfecture de Beauvais.

20 Minutes a interrogé Rodrigo Arenas, le président de la FCPE, sur les mesures de précautions prises par les autorités pour protéger les élèves.

Que pensez-vous des mesures prises vis-à-vis des élèves et du personnel pédagogique après le décès de l’enseignant dans l’Oise ?

Même si la période d’incubation est passée, je pense qu’il faudrait tester les enfants et les adultes qui ont pu être en contact avec lui. Pas pour alimenter la psychose, mais au contraire pour rassurer les gens, en leur disant qu’ils ne sont pas malades.

Au-delà de ce cas, estimez-vous que la politique de prévention du ministère de l’Education est suffisante ?

Non. Tout d’abord parce que les parents n’ont reçu un mail que lundi en fin de matinée ou dans l’après-midi leur demandant de garder leurs enfants chez eux s’ils revenaient de Chine, de Singapour, de Corée du Sud, de Lombardie ou de Vénétie. Or, c’était un peu tard, car les élèves dont les vacances étaient terminées étaient rentrés en classe le matin.

Par ailleurs, pour que cette mesure soit efficace, le gouvernement aurait dû imposer aux entreprises d’accorder une absence de 14 jours à un parent devant rester avec son enfant à la maison. En l’absence de cette injonction, il y a fort à parier que beaucoup de parents dont les enfants ont séjourné dans une zone à risque ne le diront pas et enverront leurs enfants à l’école, faute de mode de garde. Par ailleurs, nous préconisons des tests systématiques pour tous les enfants et personnel pédagogique rentrant d’une zone à risque. C’est à l’Etat de prendre en charge cela.

Recevez-vous beaucoup d’appels de parents soucieux ?

Oui, depuis le début de la semaine, les parents sont plus inquiets, car les cas de coronavirus en Italie les inquiètent du fait de la proximité de ce pays avec le nôtre. Les parents dont les enfants doivent partir en voyage scolaire dans ce pays sont perplexes. Car certains chefs d’établissements annulent des voyages scolaires, d’autres pas. Les rectorats renvoient la patate chaude aux chefs d’établissements. Pour la FCPE, il faut que tous les voyages scolaires en Italie, comme dans les autres zones à risques, soient annulés, et que l’Etat rembourse les parents des frais déjà engagés.

Le ministère a assuré que des solutions de continuité pédagogique existaient pour les enfants qui sont confinés. Qu’en pensez-vous ?

Nous n’avons pas encore de réponse claire du ministère sur le sujet. Comment faire, par exemple, quand un enfant ne possède pas d’ordinateur chez lui ?