Réinsertion : bientôt des prisons où tous les détenus travailleront aux métiers de demain

EXPERIMENTATION Trois structures expérimentales seront construites, dont une dans le Pas-de-Calais

Mikaël Libert
Une prison (illustration).
Une prison (illustration). — M.Libert / 20 Minutes

Un avenir au-delà des barreaux. La garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé, vendredi dernier, la prochaine construction de trois établissements pénitentiaires expérimentaux. L’idée étant de faciliter la réinsertion des détenus en les formant aux métiers de demain.

Les trois prisons, de 180 places chacune, seront situées à Donchéry, dans les Ardennes, Toul, en Meurthe-et-Moselle, et à Arras, dans le Pas-de-Calais. C’est d’ailleurs celle d’Arras qui devrait sortir de terre « sans délai », les deux autres n’étant pas prévues avant 2022 et 2023. Le projet, baptisé « InSERRE », est pour le moment qualifié d’expérimental dont la vocation est de travailler à la responsabilisation et à la réinsertion par l’emploi des détenus.

Partenariats « avec des entreprises à forte valeur ajoutée »

Que les prisonniers travaillent en prison n’est pas une chose nouvelle. InSERRE se veut différent en ce sens que la totalité des pensionnaires d’un des trois établissements pilotes vont travailler dans des métiers d’avenir, comme le numérique, le développement durable et les services à distance. La ministre a insisté sur la création de partenariats « avec des entreprises à forte valeur ajoutée » permettant non seulement de former les détenus, mais aussi de les faire travailler en alternance.

Mais les places seront chères, notamment limitées par la capacité de ces trois établissements qui se monte au total à 540 détenus. L’accès au dispositif n’est de toute façon pas ouvert à tous, mais restreint aux condamnés à une peine de moins de cinq ans. Les candidats devront par ailleurs passer une sorte d’entretien d’embauche. S’ils sont retenus, le travail qu’ils effectueront sera rémunéré.