Mayotte : Des violences éclatent après la mort d’un homme tué par un policier

POLICE Dimanche, des groupes ont fait des barrages et des pillages après qu'un policier a tué un jeune homme

20 Minutes avec AFP

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Un commissariat de police lambda. (illustration)
Un commissariat de police lambda. (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA

Des violences ont éclaté dimanche à Mayotte  après la mort d’un homme d’une trentaine d’années tué par un policier à Kawéni, au nord du chef-lieu Mamoudzou, a constaté un correspondant de l’AFP.

Selon les enquêteurs, la victime assénait des coups de matraque sur la tête d’un homme dimanche matin lorsqu’une patrouille de la brigade anti-criminalité est passée à proximité. Un policier a tenté de s’interposer mais, malgré plusieurs sommations, l’homme a refusé d’arrêter de frapper, selon la même source. Le policier a alors fait usage de son arme de service, le touchant à l’abdomen, a poursuivi une source policière.

Des barrages et des pillages

La victime a rapidement été prise en charge par les secours mais son décès a été annoncé en fin d’après-midi, a encore dit cette source. Dans la foulée, des jeunes ont érigé des barrages sur une route principale, s’en prenant aux automobilistes, puis ils ont saccagé et pillé deux commerces dont un magasin Tati. La gendarmerie et la police sont intervenues pour les disperser. La circulation routière a été rétablie vers 23h mais quelques foyers de tension subsistaient.

Le policier a été placé en garde à vue et entendu par la section de recherches de la gendarmerie. L’enquête devra déterminer les circonstances du drame et les responsabilités de chacun. « Notre collègue a agi en état de légitime défense, il a riposté de manière proportionnée et strictement nécessaire à la suite d’une agression d’une tierce personne », a réagi Djamaldine Djabiri, secrétaire départemental du syndicat SGP FO. « Et le fait que des mesures de contrainte soient prises à son encontre ne signifie en aucun cas que l’agent a eu un comportement fautif », a-t-il poursuivi.

Demande d’Assises de la sécurité

Dans un communiqué, le député (LR) de Mayotte Mansour Kamardine a réclamé que le gouvernement « convoque des assises de la sécurité à Mayotte », pour « faire face » notamment au « phénomène de bandes violentes de jeunes gens ».

« Depuis des mois, la sécurité publique à Mayotte se dégrade et s’accompagne d’une inquiétante augmentation de la violence. Depuis des mois, les forces de l’ordre sont harcelées et font face à des guets-apens tendus par des émeutiers qui cherchent la confrontation », écrit le député, qui « depuis des mois interpelle le gouvernement sur la nécessité de renforcer les moyens humains et matériels pour faire face à la situation ».

Des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont régulièrement lieu à Mayotte, ainsi que des agressions violentes de la part de groupes de jeunes. Début février, un candidat sans étiquette aux municipales de Dembeni, au centre-est de Mayotte, a ainsi été violemment agressé par des jeunes à la sortie d'une réunion publique. Fin décembre, le préfet de Mayotte Jean-François Colombet avait promis de « s’occuper » des « meneurs », soupçonnés d’être les responsables de ces troubles.