Salon de l’Agriculture : Macron juge « impossible » de revaloriser les pensions actuelles des agriculteurs

RETRAITES Le chef de l’Etat a inauguré le Salon de l’Agriculture, à Paris, ce samedi matin

B.Ch. avec AFP

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Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture, à Paris, le 22 février 2020
Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture, à Paris, le 22 février 2020 — Ludovic Marin / POOL / AFP

Emmanuel Macron a jugé samedi qu’il était « impossible » de revaloriser les pensions de retraite actuelles des agriculteurs à 85 % du Smic, une mesure prévue dans le futur système mais qui coûterait trop cher  à appliquer aux agriculteurs déjà à la retraite. « Je ne peux pas gérer l’avenir et le passé en même temps. Je ne vais pas vous mentir. Enfin vous voyez déjà tout ce qu’on se tape », a souligné le chef de l’Etat en arrivant au 57e Salon international de l’Agriculture à Paris où il a été interpellé d’entrée par des représentants de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire.

En amont du Salon, la FNSEA avait demandé une « revalorisation urgente » des pensions de retraite des agriculteurs. Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, a rappelé mardi que les pensions de retraite des agriculteurs sont actuellement en moyenne à 740 euros par mois (760 euros pour les hommes et 580 euros pour les femmes). « Or la retraite moyenne des Français est de 1.390 euros par mois », a-t-il fait valoir. « Tous ceux qui rentreront dans le nouveau système, contrairement à l’ancien, auront une garantie de retraite minimum. Est-ce que je peux vous dire "Tous les agriculteurs retraités d’aujourd’hui peuvent rentrer ?" C’est impossible. C’est impossible, parce que c’est 1,1 milliard », a répondu Emmanuel Macron.

« Vous avez été en soutien de la réforme »

Ce chiffre de 1,1 milliard correspondrait à une revalorisation des pensions des retraités actuels et de leurs conjoints, a précisé le chef de l’Etat, interrogé par l’AFP. « Si je dis ça pour les agriculteurs, qu’est-ce que je dis aux commerçants, aux artisans, aux indépendants qui sont exactement dans la même situation ? », a-t-il ajouté. « Vous avez été en soutien de la réforme. Mais sur le passé, je ne peux pas dire "On ne va traiter que les paysans". Il faudrait traiter tous ceux qui ont été sur d’autres systèmes pour ramener tout le monde à 85 %. A ce moment-là, le coût est très important. C’est plusieurs dizaines de milliards d’euros. »

« Vous me demandez de réparer quatre décennies par le passé, alors que j’essaie de projeter le pays quatre décennies devant et qu’il y a déjà quelques résistances, comme vous l’avez vu », a encore dit le chef de l’Etat, alors que  les discussions s’enlisent à l’Assemblée  sur cette réforme également très contestée dans la rue.