Réforme des retraites : Une nouvelle journée interprofessionnelle le mardi 31 mars

MOBILISATION La dixième journée de mobilisation ce jeudi n’a guère rassemblé, mais cela n’a pas découragé l’intersyndicale d’annoncer déjà la suivante

20 Minutes avec AFP

— 

Une manifestation contre la réforme des retraites à Paris, devant l'Opéra Garnier, le 5 février 2020.
Une manifestation contre la réforme des retraites à Paris, devant l'Opéra Garnier, le 5 février 2020. — ALAIN JOCARD / AFP

Les opposants à la réforme des retraites ont peiné à rassembler des manifestants, ce jeudi en période de vacances scolaires, lors d’une dixième journée interprofessionnelle d’actions organisée en plein examen chahuté du projet de loi à l’Assemblée nationale. Ce qui n'a pas empêché l'intersyndicale d'appeler dans la soirée à une nouvelle journée interprofessionnelle d'action, pour le mardi 31 mars.

Ils étaient 50.000 à Paris selon la CGT (7.800 selon les forces de l’ordre), entre Montparnasse et la place d’Italie où le cortège est arrivé dans le calme après 16 heures, derrière banderoles et pancartes : « Battez en retraite ! », « Retraites à points, travail sans fin » ou encore « Ce pouvoir est en dessous de tout, même de la ceinture ». La CGT avait annoncé 130.000 manifestants à Paris lors de la journée du 6 février.

« On a gagné la bataille. Tenir, c’est une victoire »

En régions, les préfectures ont compté 4.500 manifestants à Lyon, 2.700 à Toulouse, 2.200 au Havre, 2.000 à Clermont-Ferrand, 1.750 à Nantes, 1.500 à Rennes, 1.200 à Montpellier, 550 à Brest et 500 à Quimper et Béziers, à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, organisations de jeunesse et étudiantes) qui mène la fronde depuis deux mois et demi. Lâcher ? « Ah non, ce n’est pas à l’ordre du jour », a martelé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dans le cortège parisien. « On a gagné la bataille. Tenir, c’est une victoire », a assuré à Rennes Fabrice Lerestif, secrétaire départemental FO. Alors que la discussion parlementaire a débuté lundi, « c’est grâce à la mobilisation qui dure depuis le 5 décembre qu’il y a un tel débat à l’Assemblée nationale », a fait valoir le leader de la CGT.

Pendant ce temps, chaque camp affirme ses positions dans la conférence de financement des retraites, qui doit fournir fin avril des propositions pour ramener à l’équilibre le système de retraite en 2027. Selon Yves Veyrier, le numéro un de FO, on va droit à un « naufrage ». La discorde porte sur le montant du déficit évoqué dans les documents envoyés cette semaine par les animateurs de la conférence, selon lesquels, si rien n’est fait, le déficit cumulé entre 2018 et 2030 pourrait atteindre 113 milliards d’euros. La CGT a menacé mercredi de claquer la porte.

« Votre réforme ne passe pas »

Les syndicats opposés à la réforme travaillent à une « contre-conférence » avec notamment Solidaires et la FSU qui n’ont pas été conviés par le gouvernement. A l’Assemblée nationale où les députés doivent éplucher quelque 41.000 amendements, les discussions ont démarré lundi dans une ambiance électrique. Dès mercredi, l’examen a viré au blocage. « Je crois que vous devriez ouvrir les yeux sur la réalité de cette contestation qui est profonde dans tout le pays, signe que votre réforme ne passe pas », a lancé au gouvernement le député communiste Pierre Dharréville.

Côté grève, le temps est à l’accalmie. Selon le gouvernement, le taux de grévistes était de 0,95 % dans la fonction publique d’État (0,06 % dans l’éducation), jeudi à la mi-journée. Peu de perturbations notables dans les transports avec un trafic « normal » à la RATP et quasiment aucun impact à la SNCF, hormis en Auvergne-Rhône-Alpes. Une nouvelle réunion intersyndicale est programmée jeudi soir pour décider de la suite du mouvement.