Loiret : Une commune ne veut plus de son jumelage avec une municipalité polonaise homophobe

DROITS DE L'HOMME « La situation polonaise est inquiétante pour les droits des LGBTI », s’est inquiétée la mairie de Saint-Jean-de-Braye

20 Minutes avec agences

— 

Un passage piéton LGBT+ (photo d'illustration)
Un passage piéton LGBT+ (photo d'illustration) — Dinendra Haria/LNP/REX/SIPA

La mairie de Saint-Jean-de-Braye (Loiret) a suspendu son jumelage avec Tuchow après l’adoption par la ville polonaise d’une résolution anti-LGBT +, a annoncé ce mardi la maire Vanessa Slimani. Cette municipalité s’était proclamée en mai 2019 zone « libres de toute idéologie LGBTI » (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexe).

« On a décidé qu’il fallait se positionner, car cela ne correspond pas à nos valeurs. La situation polonaise est inquiétante pour les droits des LGBTI », a expliqué la mairie. Le conseil municipal a donc adopté vendredi un vœu demandant la suspension des relations entre les deux cités, ainsi que des explications « sur les raisons » qui ont conduit la commune polonaise « à adopter une résolution contraire aux Droits de l’Homme ».

« Il faut que l’on soit vigilant »

« On voulait leur rappeler les valeurs que l’on porte. La France porte la déclaration des Droits de l’Homme et ça s’applique à tous, sans discrimination », a rappelé l’élue de cette commune de la banlieue est d’Orléans. « On veut aussi rappeler que dans le Loiret, il y avait des camps d’internement d’homosexuels et de Tziganes pendant la Seconde Guerre mondiale. Le camp de Jargeau était à une dizaine de kilomètres de Saint-Jean-de-Braye. Il faut que l’on soit vigilant », a insisté Vanessa Slimani.

La résolution a été soumise par les conseillers municipaux du PiS (parti conservateur nationaliste, au pouvoir en Pologne), et adoptée par le conseil municipal. Mais elle « n’est pas le fruit d’une initiative des habitants », a réagi la maire de Tuchow, Magdalena Marszalek, sur le site Internet de la ville polonaise.

Dimension internationale

« Nous ne sommes pas homophobes, notre commune n’est pas fermée au monde. Nous sommes ouverts à la vie, à l’Europe et ce sera ainsi tant que j’en suis la maire », a insisté Magdalena Marszalek. « J’avais prévenu les conseillers du PiS des conséquences possibles. Mais personne n’avait pensé que cette affaire puisse prendre une dimension internationale », a-t-elle ajouté ce mardi dans le quotidien Gazeta Wyborcza.

« Les Français ont envoyé un signal disant que Tuchow est homophobe. Pourquoi la commune entière doit-elle être tenue responsable pour un groupe de conseillers ? », a-t-elle regretté. En décembre 2019, le Parlement européen avait demandé aux autorités polonaises de révoquer toutes ces résolutions. Celles-ci demandent en effet aux élus de « s’abstenir de toute action visant à encourager la tolérance à l’égard des personnes LGBTI », selon le texte voté par les eurodéputés.