Retraites: La «conférence de financement» démarre ses travaux mardi

REFORME Cette conférence, suggérée initialement par la CFDT, doit permettre aux partenaires sociaux de présenter des mesures alternatives à l'âge pivot. Un premier groupe de travail se tient ce mardi matin, au ministère des Solidarités

20 Minutes avec AFP

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Laurent Berger (Cfdt), Francois Asselin (Cpme) et Geoffroy Roux de Bezieux (Medef) lors d'une conférence de presse sur la conférence de financement de la réforme des retraites le 30 janvier 2020.
Laurent Berger (Cfdt), Francois Asselin (Cpme) et Geoffroy Roux de Bezieux (Medef) lors d'une conférence de presse sur la conférence de financement de la réforme des retraites le 30 janvier 2020. — Jacques Witt/SIPA

Installée fin janvier par le Premier ministre Édouard Philippe, la «conférence de financement» chargée de ramener à l'équilibre le système de retraite d'ici à 2027 démarrera ses travaux mardi, les partenaires sociaux devant se réunir six fois d'ici à avril.

Les organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFDT, Unsa) et patronales (Medef, CPME, U2P, FNSEA) sont conviées à deux groupes de travail au ministère des Solidarités à Paris. L’un est en cours depuis 9h30, ce mardi, l’autre se tiendra ce jeudi à la même heure.

Présenter des mesures alternatives à l’âge pivot

La réunion de ce mardi planche sur les moyens de résorber, à court terme, le déficit attendu à «12 milliards d'euros par an en 2027», selon Edouard Philippe, le second portant sur le pilotage financier du futur système universel par points.

Cette «conférence», initialement suggérée par la CFDT, doit permettre aux partenaires sociaux de présenter des mesures alternatives à l'âge pivot, en dessous duquel il n'est pas possible de partir avec une retraite à taux plein, mais sans toucher au niveau des pensions ou au coût du travail.

Mais «avant de parler de cocktails de mesures, il nous faut un diagnostic partagé», a prévenu le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, dans un entretien au Journal du dimanche. «Nous avons demandé plusieurs chiffrages pour évaluer la réalité du déséquilibre à court terme et le coût des nouvelles dispositions», a-t-il précisé.

Un déficit cumulé de 113 milliards d’euros d’ici 2030… si rien n’est fait ?

Selon des documents envoyés aux partenaires sociaux avant la réunion, consultés par l'AFP, si rien n'est fait, le déficit cumulé entre 2018 et 2030 pourrait atteindre 113 milliards d'euros.

Ce calcul a été fait sur la base du rapport du Conseil d'orientation des retraites (Cor), rendu en novembre, qui avait estimé entre 7,9 milliards et 17,2 milliards d'euros le déficit du système de retraite en 2025.

«S'il y a une insuffisance de recettes en raison d'un désengagement de l'État, est-ce aux travailleurs de payer ? Non», a ajouté Laurent Berger, alors que les baisses d'effectifs et faibles hausses de salaires prévues pour les fonctionnaires entraînent une baisse de ressources pour les retraites.

«Il faut que l'État paye ses dettes», a abondé auprès de l'AFP la négociatrice CFTC, Pascale Coton, en référence aux «allègements de cotisations» sociales non compensés par l'État. Puiser dans le fonds des réserves de retraites, relever le plafond de revenus soumis à cotisations... Diverses pistes doivent être étudiées.

Opposé à la réforme dans son principe même, le secrétaire général de FO Yves Veyrier a expliqué que son syndicat se rendrait aux groupes de travail «pour surveiller ce qui se dit et ce qui s'y fait parce que nous n'avons pas l'intention que des dispositifs sociaux soient spoliés, détournés, pour combler telle ou telle cotisation retraite».

Un document final à remettre fin avril

Des séances de travail sont programmées les 10, 12, 24 et 25 mars, en vue d'une séance plénière début avril et avant remise d'un document final fin avril. Édouard Philippe a assuré que si la «conférence» débouchait sur un compromis, il «ferait siennes ces propositions».

Le projet de loi de réforme des retraites, en cours d'examen au Parlement, prévoit que le gouvernement prenne, dans les trois mois suivant le vote du texte, une ordonnance afin «d'atteindre l'équilibre financier» en 2027.

En l'état actuel, la réforme des retraites qui est débattue n'a que peu d'impact sur le déficit projeté à horizon 2027, est-il précisé dans le document de travail remis aux syndicats.

A horizon 2030, l'impact du système universel par points entraînerait une hausse de 330 millions d'euros de dépenses, liées à l'amélioration des minima de pension et à des mesures sur la retraite progressive, et à un gain de 900 millions de recettes, dues essentiellement à la hausse des cotisations sociales pour certaines catégories, est-il calculé.