VIDEO. Bouches-du-Rhône : « Aucun risque… » Comment Carry-le-Rouet et Vacanciel veulent tourner la page coronavirus

TOURISME Le centre de vacances de Carry-le-Rouet qui a servi de lieu de quarantaine pour les rapatriés ayant fui le coronavirus accueille de nouveau des touristes à la fin de la semaine

Mathilde Ceilles

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Des rapatriés de Wuhan en quarantaine à Carry-le-Rouet immortalise le lever du soleil
Des rapatriés de Wuhan en quarantaine à Carry-le-Rouet immortalise le lever du soleil — Hector Rampal / AFP
  • Un centre de vacances du groupe Vacanciel à Carry-le-Rouet a servi de lieu de quarantaine pour des rapatriés de Wuhan qui fuyaient l’épidémie de coronavirus.
  • Ces ressortissants français ont quitté les lieux ce week-end, quelques jours avant l’arrivée des premiers touristes.
  • Pour définitivement tourner la page, le centre va faire l’objet d’un profond nettoyage. Le maire de Carry estime de son côté que cet épisode a fait un coup de pub à Carry.

Edit : Article modifié le 19 février avec des compléments d'informations de l'agence régionale de santé 

« Moi vivant, on me paierait une fortune, je ne passerais pas un jour dans ce centre de vacances, une fois qu’ils seront partis. » Voilà ce qu’on pouvait entendre, il y a quelques jours encore, alors que le centre de vacances du groupe Vacanciel accueillait des touristes assez inhabituels, tout droit débarqués de Chine pour fuir l’épidémie de coronavirus.

Début février, plus d’une centaine de rapatriés de Wuhan ont été placés en quarantaine dans ce centre de vacances de Carry-le Rouet, dont la façade a ensuite fait le tour des médias. Une attention pour le moins inhabituelle pour la tranquille station balnéaire de la Côte Bleue, qui avait tiré sa renommée jusqu’ici de ses oursins et d’un de ses illustres habitants, Jean-Pierre Foucault.

Ce dimanche, le centre de vacances s’est définitivement vidé des 181 ressortissants français qui ont habité les lieux pendant 14 jours, un masque sur le nez. Un autre enjeu, de taille, se présente désormais au groupe Vacanciel : limiter l’impact de cette drôle de parenthèse sur la réputation du centre, afin de rassurer les futurs clients et les potentiels autres touristes qui réserveraient une chambre dans les lieux. Or, le centre de vacances accueille son premier groupe de touristes… ce 22 février, soit quelques jours seulement après la fin de la quarantaine.

Un profond nettoyage pour des vacances « en toute sécurité »

Dès le premier jour de quarantaine, le groupe Vacanciel a donc lancé une opération communication, en ouvrant sur le Net unsite d'informations spécialement dédié à la situation du club Vacanciel de Carry-le-Rouet. Dans un communiqué de presse envoyé également le premier jour de quarantaine, Vacanciel se veut extrêmement rassurant auprès de ses clients. « Nous travaillons étroitement avec le ministère de la Santé et la préfecture des Bouches-du-Rhône et garantirons, à l’issue de ce séjour, très particulier, l’absence de tout risque sanitaire pour nos équipes ainsi que pour les vacanciers qui arriveront après cette période », peut-on ainsi lire.

Ce lundi, dans un nouveau communiqué de presse, Vacanciel s’efforce encore de tranquilliser ses clients. Suite aux départs des rapatriés de Wuhan, « une société spécialisée dans le nettoyage des locaux hospitaliers procédera à un nettoyage de l’ensemble de l’établissement en suivant les protocoles hospitaliers, insiste le groupe. C’est donc en toute sécurité que le Club pourra accueillir à nouveau ses équipes et clients sans aucun risque. Les premières vacances arriveront dès la fin de semaine. » Selon l'agence régionale de santé, ce nettoyage a commencé ce lundi et finira ce jeudi.

Un coup de pub pour Carry

« On sait que, heureusement, aucune des personnes qui a séjourné à Carry-le-Rouet n'était infectée, se réjouit-on du côté de Vacanciel. On a quand même tenu à mettre en place une décontamination. » Et d’affirmer : « Il est un peu tôt pour dire l’impact de ce séjour sur les réservations à venir. Le 22 février arrive un groupe qui a maintenu sa réservation. Et les réservations prochaines ont lieu en avril. On aura à ce moment-là une réelle visibilité, mais il n’y a pas eu de messages d’inquiétude à ma connaissance… »

Interrogé par 20 Minutes à ce propos vendredi devant le centre de vacances de Carry-le-Rouet, Agnès Buzyn, alors encore ministre de la Santé, assurait qu’elle organisera « probablement des séminaires des services de l’Etat avant que des vacanciers n’y viennent ». Depuis, le ministère a changé de tête de file, et l’agence régionale de santé de Paca affirme qu’une « réunion avec le personnel hospitalier » sur le sujet va être tenue, sans être en mesure de fournir plus de détails.

De quoi vite tourner la page du coronavirus qui a fait irruption dans le quotidien de Carry-le-Rouet et son maire. D’abord assez mécontent d’apprendre par la presse la venue de ces rapatriés, Jean Montagnac se montre désormais ravi pour des raisons quelque peu… surprenantes « Ça a fait parler de Carry, il y a eu des images de la mer, du centre, de notre ville partout, dans tous les médias, se réjouit-il. Une opération publicitaire de ce type nous aurait coûté des dizaines de milliers d’euros ! » Merci le coronavirus…