« Un plan Marshall » réclamé par un collectif pour « sauver la langue bretonne »

PATRIMOINE Selon une étude, 80% des 207.000 locuteurs sont âgés de plus de 60 ans

C.A. avec AFP

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Illustration d'une école en filière bilingue français breton, à Rennes.
Illustration d'une école en filière bilingue français breton, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

La langue bretonne est en péril. Pour ne pas voir un pan de la culture locale disparaître, un collectif d’artistes, d’auteurs, de personnalités et d’universitaires a lancé vendredi à Morlaix ( Finistère) un appel « pour la sauvegarde de la culture et des langues de Bretagne ». Yann Tiersen, le rappeur Krismenn, les artistes Tri Yann, Gilles Servat ou Nolwenn Korbell… Au total, 70 personnes ont signé ce « cri d’alarme » et réclament « un plan Marshall » pour sauveur la langue.

« Un véritable plan Marshall est nécessaire si l’on veut vraiment sauver la langue bretonne », explique Paolig Combot, président de l’association Ar Falz – Skol Vreizh qui promeut la langue et la culture bretonnes. « Le Breton n’est plus la langue de la honte, dont les anciens ont souffert ».

« Sous 40.000, la langue est morte »

Le collectif redoute surtout la disparition de la langue bretonne. Une enquête menée en 2018 avait relevé que 80 % des 207.000 brittophones actuels ont plus de 60 ans. « Dans 20 ans au mieux il en restera moins de 40.000. Sous 40.000 la langue est morte », a assuré Paolig Combot.

Ces personnalités regrettent notamment que dans beaucoup de communes l’on aille « chercher des noms d’oiseaux ou de plantes, plus insipides les uns que les autres » pour nommer les lieux, alors qu’il y a « une foule de dénominations bretonnes disponibles ».

Le breton, 1 % du budget de la région

Le collectif regrette enfin qu’il n’y ait que 19.000 élèves dans les écoles bilingues, soit 3 % de l’effectif global, contre 45 % au Pays basque et 16 % en Alsace. Le collectif a adressé un courrier début novembre au président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard afin de lui faire part de ses craintes et lui demander un entretien, ce qui lui aurait été refusé.

« Il faut généraliser l’enseignement de nos langues à tous nos enfants, mais avec 1 % du budget de la région consacré aux politiques linguistiques c’est ridicule, il faut faire dix fois plus », a réclamé l’auteur nantais Yvon Ollivier.