Réforme des retraites : Pour le Medef, le calendrier d’adoption du projet n’est « pas tenable »

CALENDRIER Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a estimé que les partenaires sociaux avaient besoin de plus de temps pour négocier

20 Minutes avec AFP

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Laurent Berger (Cfdt) et  Geoffroy Roux de Bezieux (Medef) lors d'une conférence de presse le 30 janvier 2020.
Laurent Berger (Cfdt) et Geoffroy Roux de Bezieux (Medef) lors d'une conférence de presse le 30 janvier 2020. — Jacques Witt/SIPA

Cette fois, la critique vient même d’un partisan de la réforme des retraites. Invité ce lundi matin sur la radio RTL, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a estimé que le calendrier d’adoption de la réforme des retraites n’était « pas tenable » et que les partenaires sociaux avaient besoin de plus de temps pour négocier dans le cadre de la conférence de financement. « Je crois que le calendrier dans lequel on est enfermé n’est pas tenable », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le fait de savoir si le Medef allait demander plus de temps pour négocier, il a répondu : « oui, très clairement », alors que les partenaires sociaux, réunis dans la conférence de financement qui commence cette semaine, doivent remettre d’ici à la fin avril leurs propositions pour équilibrer financièrement le système des retraites à l’horizon 2027.

Du temps pour la pénibilité

Pour le président du Medef, davantage de temps est nécessaire pour discuter en particulier du thème de la pénibilité, sur lequel l’organisation s’oppose notamment aux propositions de la CFDT pour définir des métiers pénibles.

« Vouloir faire des régimes spéciaux du privé par métier (…) c’est une double erreur », car cela supprimerait les efforts de prévention des employeurs et cela augmenterait le nombre de professions avec des gens qui partiraient plus tôt ce qui ne serait pas bon pour l’emploi des seniors, a-t-il justifié.

« Je ne crois pas qu’il faille dire que toute une profession a un métier pénible. C’est ce qu’on a fait avec la RATP en 1945, c’est ce qu’on a fait avec la SNCF. Ca donne les régimes spéciaux du public. On ne va pas les recréer dans le privé », a-t-il encore défendu.

Inquiétudes sur le financement de la réforme

Par ailleurs, il a renouvelé ses inquiétudes sur le financement à long terme du futur système de retraite et le manque d’information du gouvernement sur ce point.

« On n’y voit pas plus clair dans le projet du gouvernement », a regretté M. Roux de Bézieux, pointant « une forme de black-out sur le financement » après 2027, dans l'étude d'impact fournie par le gouvernement​ avec le texte projet de loi. « On ne peut pas aller vers ce système sans avoir les réponses », sur le financement, a-t-il insisté.