Bretagne : L’héroïne en cause après la mort d’un pêcheur sur un chalutier

ACCIDENT Un homme était mort accidentellement en mer le 5 avril 2019 dans le Finistère

J.G. avec AFP

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Illustration d"un chalutier près du port de Lorient.
Illustration d"un chalutier près du port de Lorient. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

La consommation d’héroïne est bien à l’origine de la mort accidentelle d’un marin de 31 ans le 5 avril 2019 sur un chalutier du Guilvinec ( Finistère). C’est la conclusion d’une enquête du bureau d’enquêtes sur les événements (BEA) de mer publiée ces derniers jours.

Lors d’une opération de routine consistant à la levée de la table de tri chargée de langoustines, « le matelot a été écrasé entre la table et l’enrouleur de chalut situé au-dessus », note le BEA mer dans son rapport. Malgré une tentative de réanimation de l’équipage, le marin était décédé.

Une consommation de stupéfiants supérieure à la moyenne chez les marins

Pour expliquer que le pêcheur ne se soit pas écarté, « le patron avance l’hypothèse d’un malaise ayant conduit à une perte de connaissance » alors que, selon l’expertise médico-légale, « le taux de morphine et la détection de 6-acétylmorphine prouvent une consommation très récente d’héroïne dans les trois heures précédant le décès ». La prise d’héroïne, qui entraîne notamment une diminution des réflexes, des capacités de raisonnement et du champ de vision, est également « un dépresseur respiratoire qui a pu aggraver les conséquences du traumatisme thoracique », relève le BEA.

Une autre enquête du BEA mer sur le naufrage d’un chalutier qui avait fait deux morts en 2018 en baie de Saint-Brieuc avait conclu à un manque de réaction au moment de l’accident lié notamment « à l'influence du cannabis » sur un matelot qui était à la barre du navire.

Selon le ministère de la Transition écologique et solidaire, « les consommations de substances psychoactives chez les gens de mer français sont supérieures à celles observées chez les actifs d’autres secteurs d’activité ».