L'agriculteur Paul François, en lutte contre Monsanto, mis en examen pour recel

JUSTICE L’agriculteur est soupçonné d’avoir bénéficié de « plusieurs centaines de milliers d’euros », qu’une notaire de Ruffec est soupçonnée d’avoir détournés de sa clientèle, mais Paul François assure qu’il ne connaissait pas l’origine de ces fonds

20 Minutes avec AFP

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Paul François, le 6 février 2019 devant la cour d'appel de Lyon.
Paul François, le 6 février 2019 devant la cour d'appel de Lyon. — AFP

L’agriculteur Paul François, qui mène un long combat judiciaire contre le géant agrochimique Bayer, propriétaire de Monsanto, a été mis en examen mardi à Angoulême pour recel de biens provenant d’abus de confiance, ce qu’il conteste, a-t-on appris mercredi auprès de son avocat.

L’agriculteur est soupçonné d’avoir bénéficié de « plusieurs centaines de milliers d’euros », qu’une notaire de Ruffec est soupçonnée d’avoir détournés de sa clientèle, a expliqué l’avocat.

La notaire « pétrie de honte », Paul François « serein et droit dans [ses] bottes »

Me Karine Coulais-Pourageaud est poursuivie pour abus de confiance aggravés et faux en écriture publique. Selon son avocat Me Christophe Gris, cette dernière est « pétrie de honte et a déjà commencé à rembourser ses victimes ».

Paul François, qui s’affirme « serein et droit dans [ses] bottes », a été placé sous contrôle judiciaire. Selon lui, la notaire est « une amie proche qui me suit depuis le début dans mon combat contre Monsanto. Comme je n’arrivais pas à obtenir des prêts des grandes banques [pour son exploitation], certainement à cause de ma longue lutte judiciaire, elle m’a proposé de m’aider. J’ai accepté. Je n’aurais pas imaginé une seule seconde que c’était de l’argent volé », affirme-t-il.

L’exploitant agricole a été entendu pendant 36 heures par les gendarmes de la section des recherches de Poitiers. Me François Lafforgue, son avocat parisien, a indiqué qu’ils allaient apporter « des pièces qui prouvent que mon client ne pouvait avoir connaissance de l’origine de ces fonds ».

Paul François, céréalier de Charente, a attaqué Monsanto après avoir été intoxiqué en avril 2004 par des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto finalement interdit en France trois ans plus tard. Il assure aussi souffrir de graves troubles neurologiques. Le géant agrochimique allemand s’est pourvu en cassation à l’été dernier après avoir perdu plusieurs procès contre l’agriculteur.